Tome IV, n
nouvel éclat. Tu en parus plus touchante à Valmont. En lui inspirant le respect et l'estime, tu fis naître dans son cœur le plus tendre amour; et, s il fut un temps où il parut cesser de t'aimer, il n'en fut aucun où il ne te regardât comme la plus digne de toutes les épouses. Bientôt ta sagesse et tes vertus, reprenant sur lui leur empire, te le ramenèrent plus tendre encore et plus fidèle. Depuis que ses égarements ont cessé, également respectabLe l'un à l'autre, vous faites votre bonheur mutuel Le goût de la retraite, les pratiques de la religion , la société de ton mari, le soin de ta famille, ces sources de contentement et de paix valent bien, ce semble, les jeux, les spectacles, les fêtes, les intrigues d'amour et les plaisirs qui, en intéressant tant de femmes moins raisonnables et moins sages, font si souvent, par une suite de conséquences qu elles eussent dû prévoir, leur honte et leurs malheurs.
Ta Julie, formée par tes soins, partageant tes goûts, prenant ton esprit et tes mœurs, n'a rien de pareil à redouter. Elle fera la gloire de sa mère, et tu pourras dire, en montrant tes enfants, ce que disait cette illustre Romaine : voilà mes bijoux et ma parure.