‹ Le Comte de Valmont, ou, Les égarements de la raison (volume 2)Chapitre 45 sur 54 · Tome IF · texte numérisé non relu

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(i5) Des Vaheri, Rien ne prouve mieux la religion du maréclial Fabert que cette lettre qu'il écrivit au premier duc 4e Noailles au sujet du cordon bleu qu'on lui avait fait espérer,

« Quant aux preuves qu'il faudrait poux être chevalier par « la voie ordinaire, j'aimerais mieux la mort que d'y donner « mon consentement. Je n'ai fait de ma vie faussetés j et, pour « porter une marque d'iionncur sur mon manteau, je ne it;a- « drai jamais ma personne aussi infâme qu'elle le serait si je « m'étais porto à mentir à mon roi.

<( Depuis mes jeunes ans j'ai servi le plus utilement qu'il m'a « été possible et avec une fidélité et sincérité entières!. Cela a a dépendu de moi, et j'ai suivi exactement mon devoir; et je « continuerai jusqu'à fheure de ma mort. IMais ma naissance dé- « pendait du hasard. Si elle fiit que le roi , après une fort longue « guerre, honorant de son ordre ceux qu'il voudra qu'on Gix)îe « l'avoir utilement servi , me laisse seul sans cette m.arque « d'iionneui", et veut que, dans l'élévation où sa majesté m'a (( mis , ce me soit une marque d'un défaut que je ne pouvais « corriger-^ il faudra prendre cela comme un châtiment de me» « péchés , et remercier Dieu qu'en ce monde il me fera souffrir « un peu, en me garantissant de faire une faute qui me préci- « piterait dans la rigueur de sa justice après ma mort, el, qui du « rant le reste de ma vie me tiendrait la conscience bourrelée. » {MtmoivQs politiques et militaires, etc.)

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(16} Des Catinat. L'auteur de la vie de Kicolas de Gatinat, imprimée h. Lausane , s'élève avec force contie ceux qui ont voulu nou3 le rendre suspect d'incrédulité , et relève même quelques infî^délités qu'on s'est permises à cet égard. Il nous apprend que Gatinat, se noiurissant chacjue jour de la lecture des livres saints, la reliqion et ce qu'elle a de cjrand pouvaient seuh le remplir.

C'est ainsi que paile La Harpe dans l'éloge qui a obtenu le

prix à racadémie française. « Vers la fin d'e sa vie, il cessa de paraître h. la cour; il Qe lui resta plus que Saint- Gratien , quelques amis et quelques livres. Plû,tarque et une Bible en plu-^ sieurs langues étaient ceux qu'il lisait le plus souvent. Sentant défaillir ses forces , il pria le célèbre Helvctius de lui dire à peu près ce qu'il lui restait de temps à vivre. Le médecin mit 'c terme h. trois mois , et lui ordonna quelques breuvages. Pourquoi ces remèdes? dit Catinat; pour rendre l'agonie plus douce, répondit le médecin. Le maréchal consentit à les prendre. Mais ce qui surtout devait rendre son agonie bien douce, c'était le souvenir de sa vie. Cet homme, accusé d'impiété, mourut en prononçant ces paroles : Mon Dieu,- j'ai coïipance en vous. Il avait demadé lui - même les secours que la religion lapporte aux mourants. Son testament commence par des legs pieux et charitables à des églises et à des hôpitaux. Aucun de ses domestiques n'j e%t oublié. Il n'avait ni augmenté ni diminué son patrimoine.

agj. LES EGAREMENTS

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