‹ Le Comte de Valmont, ou, Les égarements de la raison (volume 2)Chapitre 46 sur 54 · LETTRE XXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIII

Le comte de Valmont à son père.

Au moment où nous commencions. à recueiïïir les fruits de la victoire que nous avons remportée, où la plus forte place du pays vient de se rendre , où toutes les autres villes paraissaient disposées à suivre son exemple , on m'écrit de ne pas pousser plus loin nos avantages, pour ne pas exciter, dit-on , la jalousie de quelques puissance? que nous avons intérêt de ménager, et pour laisser un libre cours aux négociations que Ion vient d entamer. On mWdonne en conséquence de remettre le commandement à M. de L , et d'aller

recevoir les ordres de la cour. On veut, si j'en crois M. de Lausane , m'employer à quelque chose de plus important.

Je ne chercherai point, mon père, à démêler les intérêts particuliers et les vues du vicomte. Je n'examinerai point si de petites intrigues sont le principe de ces arrangements, que je doute même qui subsistent; et je ne me ferai pas un sujet do peine de tout ce qui peut servir à éprouver mon obéissance.

Je pars , en priant M. de Veymur de continuer à vous donner des nouvelles de ce qui fc passera 1 à l'armée. M. de Verzure veut bien se charger dç

Î)E LA RAISON. Ûo3

VOUS mener le baron j dès qu^il leur sera permît d'aller vous joindre. Que ne suis-je libre de Taccomj^agner, et de jouir de la satisfaction que je m'étais promise! mais qui sait maintenant quand je pourrai partager avec Emilie et mes enfants le plaisir de vous voir? Sur cet objet du moins plaignez-moi : votre cœur vous dira assez tout ce que me coûte un pareil sacrifice.

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