Tome IF
3o6 LES ÉGAREMENTS
C'est ce que M. de L... appelle se venger et répandre la terreur de nos armes. Cependant on le déteste dans tout le pays, et on ne nous craint plus. Les villes qui paraissaient avant notre échec les plus disposées à se rendre , n'appréhendent plus dy être forcées par une armée aussi faible que la nôtre ; les froids commencent d'ailleurs à se faire sentir. Avec des troupes fatiguées et découragées, il ne nous rcsLe d'auire parti à prendre que celui de les mettre en quartier d'hiver.
C'est ainsi que nos plus belles espérances se sont évanouies, et que la campagne , la plus brillante sous notre ancien général, a fini sous celuici par la perte de notre jeune noblesse el de nos plus vaillants soldats, par le sac d'une ville qni n'est, après tout, qu'une bicoque, et par les gémissements d'une foule de malheureux paysans qui nous maudissent, et que M. de Valmont forçait à nous bénir. La plupart des officiers sollicitent leur congé. J'ai demandé le mien , à l'exemple de M. de Verzure, qui brûle du désir de vous vrir et de vous mener M. le baron.