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leur innocence le nombre infini de maximes empestées cui se débitent dans les tragédies, dans les opéras, et les expressions, les images licencieuses que présentent les comédies ! Ils ne les effacent jamais de leur mémoire.... Ils voient des grands, des personnes élevées en dignité, des vieillards, etc., y applaudir. Ils s'imaginent qne tout ce qu'on leur expose est à retenir.... ïh agissent en conséquence lorsqu'ils jouissent de leur liberté : et les voilà corrompus dans le cœur et dans l'esprit pour, le reste de leur vie.... Mais, dit-on, quel inconvénient y a t-il qu'ils entendent parler de la passion de l'amoiu"? 11 faut bien qu'ils la connaissent tôt ou tard. C'est ce que je suis très -éloigné do croire : on doit toujours ignorer le liljcrtinage. Mais quand celte passion serait traitée avec plus de réserve sur le théâtre , il n'y ;iurait pas moins d'inconvénient, €t,si j'ose le dire, moins de cruauté à leur donner sur une matière si délicate des !e;ons prématurées et infiniment dangereuses , et à leur faire courir le risque de perdre leur innocence avant même qu'ils saolient quel est son prix, et combien cette perte est affreuse et irréparable. Mais les pai-ents s'inléresseront-ils h leur conserver celte vertu, s'ils n'eu connaissent pas eux mêmes le pnix? .Néanmoins ils sont ensuite au désespoir quand leurs enfants donnent dans des désordres préjudiciables it leur fortune. »
Enfin Rousseau, auteur lui-mérue en ce genre, et qui , de >.on aveu, n'a jamais manqué volontairement une représentation i.e Molière, a réuni et présenté dans tout leur jour les dangeis
(I on le choisit, par cette raison, pour faire le petit marquis, le (! fat II est paresseux, indolent, on lui fera jouer l'indolence, la « paresse. Il est haut, il fera le glorieux; mentem-, il fera le pr»a mier rôle dans la coniédie'de Corneille; dur, il jouera Atrée. « S'il est dissipé, polisson, étourdi, il fera le valet. De manière n que des défauts ou des vices , qu'on devrait comger par l'édu- « cation , se concentrent par ce moyen dans le caractère. »
Que dirons-nous de ces autres passions plus vives encore, dont leur propre rôle , et des circonstances qu'il est aisé de prévoir porteront ces jeunes acteurs à se pénétrer? A quel âge «le pareils rôles ne seraient-ils pas daagcrereux ?
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des spectacles. Des liommes célèbres ont entrepris de répondre à la lettre qu'il a écrite sur ce sujet; mais ils n'ont répondu, ce me semble, qu'à la moindre partie des raisons qu'il leur oppose ; et encore avec tant d'esprit, tant d'art et de talent, leur réponse cùt-elle été si faible, si la cause qu'ils s'étaient chargés de défeudre n'eût pas été la moins bonne ?
(i4) Que ton cceur ne s'y refuse si constamment que pour demeurer toujows pur et fidèle. Un exemple frappant ne m'a que trop confirmé la justesse de cette réflexion. Quelqu'un qui m'était cher venait d'épouser une jeune personne qui avait été élevée dans les meilleures principes. Il crut augmenter son bonheur et le sien en lui faisant prendre le goût des plaisirt à la mode , et en la forçant en quelque sorte h aller au spectacle. J'essayai en vain de lui en faire pressentir les dangers et les sulte^La jeune épouse se passionna bientôt pour tout ce qu'elle avait R) plus redouté jusque-là. D'autres passions naquirent de ces premiers goûts, et amenèrent eu très- peu d'années une séparation , au moment de laquelle mon malheureux ami me fit jKirt de tous ses chagiins , qui ont fini par abréger ses jours.
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