Tome II. 2Q
que tout cela eût été annoncé avec cette suite et ce 'détail , et d» plus avec une telle clarté, qu'avant chaque action de Jésu*. Christ, les Juifs n'eussent qu'à consulte^ son histoire prédite pour savoir ce qu'il devait faire : dans cette supposition, de pareilles prophéfifs no pouvaient plus être humainement accomplies. Les Juifs, si bien avertis, ne pouvaient plus concourir pai leur incrédulité à l'exécution des conseils éternels.
(t II fallait un de ces prodiges qu'où ne doit attendre ni de la sainteté, ni de la bonté de Dieu, pour effacer^rfî chaque instant dans l'esprit des Juifs des notions si nettes et si précises; oUj s'ils ne perdaient pas de vue ces notions, pour les faire agir volontairement contre les règles les plus commîmes de la préroyance.
« Il en est à peu près de même des autres proplîéties. Lïur trop grande évidence en eut rendu l'accomplissement impossible MJis un miracle. Le libre arbitre , dans l'usage ordinaire que Dieu en a laissé aux hommes, serait trop gêné par une connaissance si distincte de l'avenir. L'incertitude à cet égard leur es4 nécessaire piiu" tenir dans leur détermination un juste milieu entre un excès de confiance et un excès de crainte et de paressEï
ti U est vrai que les prophéties doivent préparer les esprits jusqu'à un certain point à l'attente de leur accomplissement 11 est vrai aussi qu'elles doivent avoir une clarté suffisante pom rendre inexcusables ceux qui méconnaissent cet accomplissemeni quand il est arrivé. Ce double caractère se remarque dans les frophéties de l'ancien Testament, et surtout dans celles concernant le messie... Les Juifs , eu lisant les anciens oracles , avaient conçu 1 espérance d'un libérateur. Us aA'aient même sur cet évé^ nement si désire nn signe que la plupart des prophéties ne donnent pas : c'éta'it l'époque à laquelle Jacob leur avait prédit que le messie paraîtrait, et la date dis semaines de Daniel, dont la fin <-j^)procLait au temps de Jésus-Cluist. Aussi attendaient-i'tS aloTS le messie promis ; et cette attente leur était commune avec les Samaritains, qui n'admettaient d'autres livres sacrés que ceux de Moïse. Il n'a tenu qu'à eux de reconnaître dans la personne de Jéius-Christ tous les autres traits annoncés par tant de prédictions. Mais ces traits , répandus en différentes prophéties . et
souvent cachés sous des apparences plus conformes aux (le'sirs de leurs cœurs, n'avaient pas assez attiré leur attention. Us s obstinèrent à les rejeter lorsque Jésus-Christ les leur montra ; et ils contribuèrent ainsi, sans le savoir, à les vérifier, puisque leur incrédulité était elle-même prédite.
« Une distribution si exacte de lumière et d'obscurité est peut-être ce qu'il y a de plus admirable dans les prophéties. Un homme à qui Dieu aurait ouvert le hvre de '.avenir, sans lui inspirer la manière dont il devait prédire ce qti'il y aurait vu , parlerait trop ou trop peu. Il n'appartient qu'à ce même esprit qui a éclairé les prophètes de dicter des oracles, assez enveloppés pour que leur exécution n'ait pas besoin d'un nouveau prodige ; assez clairs néanmoins pour qu'après 1 événement ( ou dans le temps môme que ces oracles s'accompli'isent), la vérité puisse en être aperçue par tous les esprits attentifs, n
(^L'incrédulité convaincue par les prophéties. )
On retrouve dans ces sages réflexions, que nous avons crues trop importantes pour ne pas les rapporter ici, celte vérité si souvent inculquée dans ces lettres, que Dieu a tout disposé dans ce monde pour servir de matière au mérite ou au démérite , et en faveur de la liberté : principe qui , dans l'ordre de la nature et de la grâce, nous éclaire plus que tout autre sur les voies inefFables de la Providence , sur les opérations de la divinité ; et qui forme la solution la plus générale aux difiicultés qui nous étoDDent.
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