‹ Le Comte de Valmont, ou, Les égarements de la raisonChapitre 4 sur 43 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

42 LES ÉGATxEME^-TS

sur la sainteté * , nous apprend que Socratc ne fut point puni pour avoir nié qu'il y eût des dieux inférieurs, mais parce qu'il déclamait hautement contre les poètes qui attiiLuaient à ces divinités des passions humaines et des crimes énormes. »

(de Ramsai, Discours sur la mythologie.)

MÊME PAGE

(6) Tout nous prouve Vextrême besoin d'un secours plus ahondant, etc. « Si la vérité, dit saint Thomas, était abandonnée aux recherches de la raison, il en résulterait trois inconvénients. Le premier serait, que la connaissance de Dieu ne poiurait être le partage que d'un petit nomLre d'hommes; car trois choses, savoir, la pauvreté, la paresse, et une complexion faible, mettent la plupart hors d'état de s'appliquer utilement à des recherches relatives aux sciences.

Le second inconvénient serait, que ceux d'entre les hommes qui pourraient parvenir à la connaissance de la vérité n'y parviendraient que fort tard et après une longue suite d'années employées à l'étude.

Le troisième enfin consiste en ce que telle est la faiblesse de l'entendement humain, qu'il y a pour l'ordinaire beaucoup d'eiTeurs mùiées parmi les découvertes que fait la raison.

(Lih. I, Controv. Gentil, cap. f{ )

« Il n'y a personne, a dit Bayle lui-même, qui, en se servant « de la raison, n'ait besoin de l'assistance de Dieu; car, sans « cela c'est un guide qui s'égare; et l'on peut comparer la phi- « losophie à ces poudres si corrosives, qu'après avoir consume ■« les chairs mortes d'une plaie , elles rongeraient la chair vive , a carieraient les os, et perceraient jusqu'aux moelles. La philo- « Sophie réfute d'abord les erreurs : mais , si l'on ne l'aiTcte « point là , elle attaque les vérités ; et, quand on la laisse faire à K sa fantaisie, elle va si loin, qu'elle ne sait pins ou elle est, ni ce ne trouve plus où s'asseoir. »

* Platon, Eutyph., pag. 5, et G,

DE LA RAISOX. 4-^

Page 1