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elle dans la balance du grand juge , comparée à celle du simple fidèle? Etre juste et bienfaisant, c'est une partie de l'homme moral, ce n'est encore que la première ébauche du chrétien : et dans celui-là même comptes-tu pour rien d'être chaste , d honorer le \Tai Dieu, cl être humblement soumis à sa volonté suprême? Socrate soupçonné dêtre l'amant d'Alcibiade, accusé par ses propres concitoyens d'être le corrupteur de la jeunesse d'Athènes sous prétexte de liustruire ; ou, pour ne rien donner à des clameurs publiques, à des soupçons mal fondés, et qu'on doit encore moins se permettre à l'égard des grands hommes, Socrate mourant pour la vérité, et ordonnant à ses amis de sacrifier pour lui un coq à Esculape; Caton cédant sa femme à Hortensius après s'être montré tout disposé à lui céder sa fille ; l'inflexible Caton , indépendant des dieux, dit-il eu parlant de lui-même, et se donnant la mort plutôt que d'implorer la clémence d\m vainqueur; ÏMarc-Amèle (quel nom cependant!) honorant d'un culte superstitieux les dieux de toutes les nations, et souffrant, pour complaire au sénat , qu'on persécutât les chrétiens; fermant les yeux sur les crimes des sénateurs pour ne pas être obligé de les punir ; philosophant tranquillement au fond de son palais, tandis que les gouverneurs pillaient ses provinces; faisant mettre sa femme au nombre des divinités après l'avoir laissée pendant sa vie se souiller par les plus honteuses débauches aux Tome II. 5
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yeux de tout lempire ; Marc-Aurèle , par la plus cruelle indulgence et la plus indigne faiblesse, remettant une seconde fois son fils entre les mains des maîtres vicieux qui favaient perdu, et, quoique assez libre dans son choix, donnant à son peuple Commode pour empereur : sont-ce donc là des vertus sans taches? Et combien de noms célèbres en ce genre te reste-t-il à me citer? Je te montrerai , moi , une foule d'hommes parfaitement vertueux partout où la religion a fait de vrais disciples, partout ou le christianisme fut en vigueur.
Cependant, sans les forces qu'il nous donne, tu te flattes de pratiquer la vertu. Ah! tu la connais mal, cher Valmont, ou du moins tu ne to connais pas assez toi-même. Autrefois jai pensé comme toi. Alors j'avais des amis avec lesquels j'étais lié de sentiments et de mœurs, si toutefois l'amitié pure peut se trouver encore où ne se trouve pas la religion : hélas! je rougis de leurs égarements, et je n'avais pas moins à rougir des miens. Vérité, vertu, équité, bienfaisance, humanité (2), mœurs honnêtes, beaux noms qui ne furent jamais si communs , vous êtes dans la bouche de tous les sages, et jamais la chose qu ils expriment ne fut si rare! Non, jamais 1 idolâtrie elle-même n'enfanta des ipœurs plus dépravées que n'en fait naître parmi nous l'incrédulité. S il y a encore des vertus sur la terre, où sont-elles, mon fils, si ce n'est dans les sentiments et dans la
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conduite du vrai chrétien? Ton épouse , si tendre et si sage, la fidèle et courageuse Emilie, seraitelle si constamment vertueuse, si elle n'était inspirée et soutenue par la religion?Eh! que peut-on se promettre sans elle que la présomption la plus vaine et les plus honteuses faiblesses (3)?
Mon ami , je ne crains pas de l'avouer; dès que je sonde mou esprit et mon cœur, j'y trouve le besoin de la religion chrétienne : c'est le cri intérieur le plus vif et le plus fort en moi. Sans la religion chaque circonstance un peu critique , chaque occasion dangereuse, chaque mouvement de passion un peu ardente, prendraient beaucoup trop sur moi : lidée d'en satisfaire une seule allumerait bientôt toutes les autres; le désir de me satisfaire une fois ferait naître celui de me satisfaire toujours ; l'oubli d'un principe me mènerait insensiblement à l'oubli , à l'abandon de toute vérité; mes penchants deviendraient à mon gré l'unique loi de la nature. L ame meurt, me diraisje, et n'est plus rien; tout est égal; Dieu même existe-t-il? La religion est donc pour moi 1 illusion de la vertu? O la belle illusion! et qu'elle est en toutes choses semblable à la vériic même!
Mais, pour te réconcilier plus sûrement avec le christianisme, il me reste une observation importante à te faire : tu t'effraies de son joug, tu regardes ses lois comme des entraves ; eh ! que dirastu si je te force de convenir que la loi naturelle n'impose pas un moindre frein à tes passions, un
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moindre joug à la faiblesse , mais avec bien moins de secours pour le porter?
De tous les pencbanls qui nous sollicitent le plus vivement, et rjui contribuent davantage à rendre la religion cbrétienne odieuse à lincrédulc , le plus commun c'est celui qui nous attache aux plaisirs des sens, de toutes les lois celle qui l'elïi-aie le plus , c'est celle de la chasteté. L'amour, cette passion si universelle, mais si dangereuse dans ses suites, si funeste daî/à ^cs déréeleraents, voilà la divinité chérie en faveur de laquelle le naturaliste * combat avec tant d'opiniâtreté. Eh bien, mon fds, anaiise sur ce point la loi naturelle sur laquelle tu te fondes, et examine ce quelle te permet et ce qu'elle te défend.
Avant toutes choses, elle met des bornes à nos penchants, elle y condamne tout excès, elle en arrête la fougue impétueuse, elle les soumet à la raison , et rend à celle-ci l'empire que les sens voudraient usurper '*'■*'.
*■ L'éditeur a trouve dans ces lettres le mot de naturaliste pour signifier le partisan de la loi naturelle : il s'y est tcna, comme le croyant plus propre à rendre cette idée d'une mauière précise, que les teiines de théiste ou déiste, qui n'ont pas une acception aussi déierminde ni aussi claire pour bien d;s personnes; et parce que d'ailleurs il n'y a pas à craindre que l'on confonde ici le natiu-aliste dont on parle avec le physicien qui c.ounaît ou qui étudie ce qui a rapport à l'histoire naturelle.
** « La force de l'âme, qui produit toutes les vertus, lient ^ la pureté, qui les nourrit toutes. » Et ailleurs, « Je veux être ciiastc , parce que c'est la première vertu qui nourrit toutes les patres. » ( Rocsseau. )
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Mais envisageons-la dans un plus grand détail. Elle défend à son disciple tout engagement, tout commerce avec celle qui a donné sa foi. L'adultère est un crime aux yeux de toutes les nations: il en est un aux yeux du vrai sage; et la loi naturelle toute seule lui en fait un monstre qu'il ne peut envisager sans horreur (4).
Cette même loi lui ordonne de respecter les droits d'un père , d'une mère , d'un tuteur, d'une famille entière , sur une fille chérie qu'ils ont élevée pour la vertu, pour l'honneur, et dont il ne peut corrompre la sagesse sans ahuscr do leur confiance, sans tromper indignement leurs soins et leur espoir, sans porter le glaive dans leur cœur, et sans la déshonorer elle-même. Qu'il se metio un moment à leur place, qu'il suppose e:i danger la vertu de son épouse, 1 honneur de sa fille, celui de sa sœur ou de sa pupille; et, s'il lui reste quelque sentiment d équité, qu'il juge et qu'il prononce.
La loi naturelle ne lui permet pas non plus de séduire l'innocence d'une fille honnête et sans expérience, qui ne sent pas assez les conséquences de l'engagement qu'on veut lui faire contracter, et qui n'aperçoit pas toutes les suites funestes de la passion qu'on lui inspire. Le véritable honneur exigerait 7 au contraire, qu'il réclairàt, qu il la retînt lui-même sur le bord de l'abîme oîi cette passion l'engage à se précipiter : car enfin est-il juste de rendre quelqu'un malheureux, de se prê-
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ter à son aveuglement, de le faire naître et de trahir ses véritables intérêts pour se satisfaire? Et ne sait-on pas d ailleurs qu'une fdle séduite une fois , quelque ignorée que soit cette première chute, devient presque toujours faible, vicieuse et malheureuse pour toute la vie?
Cette loi rejette , abhorre toute union des deux sexes, toute action quelconque qui trompe les fins de la nature; et la nature en pleurs demande vengeance au ciel d'un crime qui bientôt dépeuplerait la terre.
Cette loi de la nature et de la droite raison ne nous fait pas envisager avec moins d'indignation et de honte tout commerce fondé sur l'intérêt; et ici le sentiment et la raison se soulèvent à la vue de ces trafics honteux mis à !a place d'une union légitime.
Que dirai- je enfin? elle réprouve toute union clandestine, toute liaison passagère, tout engagement irrégulier (ô). Comme nous sommes faits non - seulement pour nous, mais pour la société, c'est à la société même à régler les conditions de cet engagement sacré, qui unit la moitié de ses membres à l'autre, et sur lequel reposent, comme sur un fondement inébranlable , l'ordre et l'intérêt public , la distinction et la perpétuité des familles, l'état et 1 éducation des enfants, la sûreté et le repos des particuliers.
Le disciple fidèle de la loi naturelle suppléerat-il par l'imagination à ce qu il ne peut se per-
mettre du côté des sens? Mais le désir, mais la pensée réfléchie du crime est un crime elle-même, et la voie qui conduit le plus sûrement à le commettre. Si celui qui s'occupe volontiers de 1 idée du mal ne le fait pas, c'est que le mal dans la pensée duquel il se complaît n'est pas en son pouvoir ; ses moeurs peuvent être encore sans reproche; mais son esprit et son cœur sont déjà coupables.
Que reste-t-il donc au naturaliste que les passions agitent, mais que retient la conscience? que lui reste-t-il, cher Valmont? La même obligation qui est imposée au chrétien , de les réprimer, sans avoir d ailleurs les mêmes secours pour y parvenir. Car enfin tu en conviendras un jour avec moi, tout est moyen , tout est secoui's dans la religion pour le bien; tout est préservatif, tout est remède contre le mal : et ces secours, le naturaliste ne les a pas. Ce ne sont donc pas, mon fils, de nouvelles entraves que je te présente. Dans tout ce qui contrarie les penchants d'une nature dépravée, la religion chrétienne ajoute bien peu de devoirs par elle-même à ceux que la raison t'impose : mais ces devoirs, encore une fois, elle l'aide à les remplir; ce joug de la raison , elle t aide à le porter.
Tu parles d'entraves 4 eh ! pour le natmaliste vraiment droit et qui raisonne un peu conséquemment, il se trouve des entraves partout sans qu'il lui soit possible d eu sortir, à moins quil ne
renonce à tout commerce avec ses semblables. Dans ses vrais principes , tout culte extérieur qui ne sera pas celui de la simple nature, qui sera lié essentiellement à des dogmes qu'il regardera comme faux et mensongers , qui supposera des articles de foi qu il désavoue au fond de son cœur, ne pourra jamais être le sien : y participer avec ses aveugles concitoyens serait, dans sa façon de penser, une idolâtrie peut-être , mais toujours une imposture qu'il ferait au genre humain, et une trahison à la divinité. Où ira-t-il donc pour ser vir son Dieu à sa manière, si parmi tous les peuples il n'est point en eflct de culte qui lui convienne.
Dans ses principes, le droit que nous nous arrogeons sur la vie des animaux est-il un droit incontestable? et dans le doute seul, avec quelle espèce d hommes vivra-t-il en société?
Dans ses principes encore, faible comme le reste des hommes , coupable quelquefois, pourrat-il, en tout état de crime, faire assez de fond sur la validité et la force de son repentir pour être tranquille? et, après avoir outragé le Dieu de la nature , quand et comment se cro^ra-t-il suflBsamment réconcilié?
Ainsi , de toute part inquiet , contraint , embarrassé, ne pouvant faire aticuu acte où intervienne la religion des autres hommes (et elle intervient presque partout), ne pouvant les satisfaire et les rassurer sur la sienne, ne sachant comment vivre
au milieu d eux, et n osant ni s'asseoir à leur table, ni participer aux douceurs de leur société, isolé sur la terre, environné d abîmes, glissant à chaque pas, et ne trouvant pas même où mettre le pied; lui, mon fils, ce naturaliste dont tu me vantes la liberté, avec des principes et un fonds de droiture, serait le moins libre et le plus malheureux dje tous les hommes. Crois-en, cher Valmont, la triste épreuve que j'en ai laite dan^ les jours orageux de mon incrédulité; matérialiste, pynhonien , naturaliste enfin , et pour le coup incrédule par système, naturaliste de bonne foi. heîas! je ne savais plus comment agir, d après mes sentiments, au sein de cette société pour laquelle cependant j étais né. Mille fois je fus près de la quitter ; et cette irrésolution est peut-être en partie ce qui prépara mon changement.
O mon ami! je n'oublierai jamais que, dans une de ces séances académiques où nous autres esprits forts nous jugions en dernier ressort les sots jugements des hommes , je fis part en tremblant, à mes illustres associés, de mes réflexions sur les doutes inquiétants où nous laisse la loi naturelle, sur les embarras où sa pratique toute seule nous jette, sur les devoirs que cette même loi prise dans toute sa rigueur nous impose, sur la contrainte où elle nous retient. Sous tous ces rapports, mes réflexions n étaient, hélas! que trop vraies, mais elles venaient mal à propos pour nous. Sans oser les nier directement, on les traila
de scrupules, on y répondit en pirouettant, et la séance finit par la *.
« Mais enfin pourquoi ne pas tolérer toutes les « opinions? Il n y aurait plus d'entraves pour per- « sonne. » En effet, la solution serait commode. Ah! mon fils, elle ne le serait qu'en apparence. Songe donc que c'est la reli; ion qui lie tous les hommes, que son culte exté' leur est la base et le nœud de leur société; quen permettre la détermination à chacun en particulier, c'est risquer de ne plus leur laisser rien de commun par la suite , et en ôter bientôt la pratique à tout le monde. Fais d'ailleurs att3nîion, et ne sois pas ef&ayé de ce principe , il ne va pas jusqu à autoriser la persécution (G); fais attention, mon fils, que la vraie religion est intolérante de sa nature ** ; que ce caractère que l'on reproche à la religion chrétienne est ce qui dépose en sa faveur; que la vérité est une, indivisible, et ne peut se concilier avec ce qui lui est opposé; que, si Dieu a parlé , il ne veut que de la soumission à sa pa-
* Je citerais bien quelqu'un à qui la même chose est arrivée dans les mêmes circonstances ; ce quelqu'un , c'est moi.
** « Une religion qui croit toutes les autres religions permi* « ses n'est pas une religion , mais une dérision du culte religieux, « parce qu'elle fait de la divinité une idole à laquelle tout hom- « mage est égal. » (Pensées théoloçjiques de dom Jamin. )
<( La seule vraie religion a droit de s'étaljlir partout sur les « ruines de la superstition, parce ({u'elle seule porte ses preuves ■ avec elle. » (Ibid.)
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rôle sainte, et point d'autre culte que celui qu'il a établi, parce que tout autre est indigne de lui; que, comme je te l'ai fait observer, il ne peut approuver deux cultes contraires, qui dès lors se trouveront, du moins pour l'un des deux, en contradiction avec ses attributs *.
Que veux-tu d ailleurs que la société te permette? La façon de penser qui te conviendra le mieux, et la liberté de ne croire que ce que tu voudras? Ali! ce n'est pas là seulement ce que demande l'incrédule; il prendra bien cette liberté sans qu'on la lui donne : et qui pourrait la lui ôter, si ce n'est celui qui lit au fond du cœur, et qui ,
*• « Dieu est toujours le même , et partout il est un esprit do « vérité. La vérité est donc la même partout; et partout Dieu n l'approuve, comme il réprouve partout le mensonge et l'eri< reur. Il ne peut être vrai que l'Alcoran soit en Turquie l'ou- « vrage de Dieu, et vrai en France qu ii ne le soit pas; que l'É- « vangile soit véritable en Europe, et qu'il scit faux en Afrique; n que le pape soit à Rome le vicaire de .lési;£ -Christ, et qu'il « soit l'Ante-Christ à Genève. Le Dieu de vérité ne peut donc pas « vouloir qu'on croie en Turquie et à Genève dune façon, et « qu'on croie le contraire à Rome et en France.
« Dieu est un esprit de sainteté et de sagesse ; il ne peut donc « pas approuver le vice et les folies de l'esprit humain. Or, si « Dieu approuvait toutes les religions, il voudrait que je vé- « eusse en idolâtre parmi les idolâtres, en païen parmi les païens; «que j'honorasse Jupiter et Vénus, comme ces peuples, par « d'impudiques cérémonies et par- d'infâmes bacclianales. Penser <( de la sorte, ce n'est plus reconnaître un Dieu. L'athéisme est «quelque cliose, en un sens, de moins affreux qu'un tel sys- « tème. » ( Voyez Pensées sur les plus importantes rérités de la religion, par Hcmbeux , c. 1 13.)
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source unique de toute vérité, jugera d après elle nos sentiments et nos opinions? Ce qu'il prétend j c'est quoD le laisse conduire les autres par ses propres principes, les plier, selon ses goûts et ses intérêts, à sa façon de voir et de penser, dogmatiser dans les cercles , philosopher à son aise dans ses dangereux écrits, pervertir la foi des simples, réduire en problèmes les plus importantes vérités, saper les fondements de la morale sous prétexte de détruire lempire des préjugés, et se donner tout seul pour le sage par excellence et la lumière du genre humain. Or voilà, mon fils, ce que pour le bonheur des hommes ou ne tolérera jamais *.
Ah ! une sorte de tolérance , fùt-elle nécessaire aux repos des états, ce qui, d'après l'expérience et par le fait même, souffre bien des difficultés (7); non, ce ne seraient jamais des opinions semblables à celles de nos sages qu'on tolérerait dans quelque société que ce fut, pour peu qu'il y restât de véritable sagesse.
J'ai trop bonne opinion de la tienne, cher Valmont , pour croire que tu t obstines à rejeter une loi aimable et sainte, qui peut seule faire ton repos et ton bonheur. Je ne croirai pas du moins que tu sois assez esclave des préjugés que tu t es formés contre elle pour refuser d'en ramener' les
* « Les nouveaux pLilosoplics ne prêchent que la tolérance, K et ne veulent pas tolérer la religion de leur propre pays. Quelle « inc'onséquence 1 » ( Pensées théol. )
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preuves à un plus sérieux examen. Je t en ai dit assez pour te faire désirer quelle soit vraie, et que Dieu lui-même t'ait donné un pareil guide. J ai fait plus : je suis venu au secours de ta faiblesse -, j ai levé l'obstacle que tes passions pouvaient mettre à la religion , en te prouvant qu^il te suffisait de ta propre raison pour les condamner, que la loi naturelle ne leur était pas plus favorable que la loi évangélique , et qu'elle t'offrait seulement moins de secours pour les vaincre. Déjà tu l'avoues, mon fils, elles font ton malheur et celui d Emilie : crains qu'elles ne soient aussi la cause principale de ton aveuglement; commence du moins à sentir le danger et la h on te des fers qu'elles te font porter. Ame noble et généreuse, ou qui était faite pour l'être, secoue tes chaînes : indignetoi de ton esclavage : lève de nouveau tes regards vers le ciel : demande-lui la force que tu ne peux avoir de toi-même : cherche-la dans l'éloignement et la fuite, s'il en est quelques moyens, puisque c'est moins en combattant 1 amour qu'en fuyant lobjet qui nous fait aimer qu'on peut triompher des charmes que la passion en reçoit pour nous séduire. Apporte , s'il se peut, à la recherche de la vérité une âme plus Kbre et plus dégagée; et la vérité, se prêtant à tes premiers efforts, te rendra la paix en te rendant la lumière.
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NOTES