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des fcmines, et leur reodent l'honneur et la réputation non moins indispensables que la chasteté. De ces principes dérive, avec la diflVrcnce morale des sexes, un motif nouveau de devoir et de convenance, qui prescrit spécialement aux femmes l'attention la plus scrupuleuse sur leur conduite, sur leurs manières, sur leur maintien. Soutenir vaguement que les deux sexes sont égaux, et que leurs devoirs sont les mêmes, c'est se perdre en déclamations vaines, c'est ne rien dire tant qu'on ne répondra pas à cela,
{5) Elle rqjrouvc toute union clandestine , toute liaison pasiaçjèie, tout engagcwent ij régulier. « Je ne n.elîrai pas ici en question, est-il dit dans ue article de l'Encyclopédie, si l'adultère est un crime , et s'il défigiu-e la société. 11 n'y a personne qui ne sente en sa conscience que ce n'est pas là une question à faire, s'il n'îiffecte 'de s'étourdir par des raisonnements qui ne sont autres que les subtilités de l'aniour-propre. Mais une aulce question bien digne d'être discutée , et dont la solution emporte aussi celle de la précédente, serait de savoir lequel des deux fait le plus de tort à la société, ou de celui qui débauche la femme d'autiui, ou de celui qui voit Mne personne libre, et qui évite d'assurer l'état des enfants par un engagement régulier.
« Nous jugeons avec raison, et conformément au sentiment de toutes les nations, que l'adultère est, après l'homicide, le plus punissable de fous les crimes, parce qu'il est de tous lefi vols le plus cruel , et un outrage capable d'occasioner les meurtres et les excès les plus déplorables.
« L'autre espèce de conjonction illégitime ne donne pas lieu communément aux mêmes éclats que l'adultère. Les roau;s qu'elle fait à la société ne sont pas si apparents, mais ils ne sont pas moins réels; et, quoique dans lui moindre degré d'énorniilé, ils sont peut-être beaucoup plus grands par leurs suites.
« L'adultère, il est vrai, est 1 union de deux coeurs corrom- } us et pleins d'injustice , qui devraient être un objet d'horreuj: l'un pour l'autte, par la raison que deux voleurs s'cstimeut d'iutant moins qu'ils se connaissent mieux. L'adultère peut ex-
DE LA RA.ISO-V. Cy
tiêmeiTient nuire aux enfants qui en proviennent, parce qu'il ne faut attendre pour eux ni les effets de la tendresse maternelle de la part d'une femme qui ne voit en eux que des sujets d'inquiétude ou des reproches d'infidélité, ni aucune vigilance sur les mœurs de la part d'une mère qui n'a plus de ir.œurs et qui a perdu le goût de l'innocence. Mais quoique ce soient là de grands désordres, tant que le mal est secret, la socie'té en souffre peu en apparence : le» enfants sont nourris, et reçoivent même une sorte d'éducation liounête. Il n'en est pas de même de l'union passagère des personnes qui sont sans engagement.
« Les plaisirs que Dieu a voulu attacher à la socie'té" conjugale tendent à faire croître le genre humain ; et l'effet suit l'institution de la providence qaand les plaisirs sont aesujcttis à une règle : mais la ruine de la fécondité et l'opprobre ds la société sont les suites infaillibles des liaisons irrégulières.
« D'abord elles sont la ruine de la fécondité : les femmes qui ne connaissent point de devoirs aiment psu la qualité de mère, et s'y trouvent trop exposées; ou, si elles le deviennent, elles ne redoutent rien tant que le fruit de leur commerce. Ou ne voit qu'avec dépit ces malLeureux enfants arriver à la lumière; il semble qu'ils n'y aient point de droit,, et on prévient leur naissance par des remèdes meurtriers, ou on les tue après qu'ils ont vu le jour, ou l'on s'en délivre en les exposant. 11 se forme, de cet amas d'enfants dispersés à l'aventure, une vile populace, sans éducation, sans biens, sans profession. L'extrême liberté dans laquelle ils ont toujours vécu les laisse nécessairement sans principe, sans règle et sans retenue. Souvent le dépit et la rage les saisissent ; et, pour se venger de l'abandon où ils se voient, ils se portent aux excès les glus funestes.
« Le moindre des maux que puissent causer les amours illégitimes, c'est de couvrir la terre de citoyens infortunés qui péri.«sent sans pouvoir s'allier, et qui n'ont causé que du mal à cette société où on ne les a vus qu'avec mépris.
<t Rien n'est donc plus contraire à l'accroissement et au repos de la société que la doctrine et le célibat infâme de ces faux philosophes qu'on écoute dans le monde, et qui ne nous parlent que du biei^ dç la sQciélé , pendant qu'ils en ruinent en e.Tvt b»
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véritables fonaeitïents. D'une atitre part , rien de si salutaire à un e'tat que la doctrine et le zèle de l'c-glise, puisqu'elle n'honore le célibat que dans l'intention de voir ceux qui l'embrassent en devenir plus parfaits et plus utiles aux autiesl; qu'elle s'applique à inculquer aux grands comme aux jietits la dignité du mariage, pour les fixer tous dans une sainte et Jionorable société; et qu'enfin c'est elle qui tiavaille avec inquiétude à recouvrer, à nourrir et à instruire ces enfants qu'iuie philosophie toute bestiale avait abandonne's. »
(G) Il ne va pas juscjii^à autoriser la pei'sécut'ion. Le zèle amer et l'esprit de persécution ont fait dans presque tous les temps bien du mal aux hommes. Ils sont contraires à l'humanité , par elle nous sommes tous frères, nous sommes tous susceptibles d'errear, et nous devons nous suppoiler : à la relia ion j elle est une loi de douceur, de persuasion, de chaiité, et non de violence et de barbarie; elle a horreur du fanatique cruel et inse/ise qui plonge le poignard dans le sein de ses scmblsbles en rbonneur de ce Dieu de bonté qui est venu pour les sauver : à la ruiion; car, si le droit de persécuter ceux qui ne pensent pas comme nous est une fois admis, que n'auront pas li craindre ceux qui pensent bien partout oii ils seront les plus faibles ! Aussi les anciens pi-res de l'église se plaignaient-ils de cette intolérance des païens , qui allait jusqu'à vouloir conti'aindre les fidèles à sacrifier à leurs fausses divinités. Kotre sainte religion , disaient-ils, bien diflerentede la votre, persuade et ne contraint personne *.
Plût à Dieu qu'on n'eût pas si aisément oublie ce langayt I mais il ne s'ensuit pas de ces réflexions , ni que Dieu t.jlère les faux cultes, ni que les hommes doivent permettre qu'on attaque un culte solidement établi, raisonnablement prouvé par les autorités les plus respectables , convenable à l'ordre et à la félicité
* Pice relinionis est proprium non cocjcra, sed snadcre,. (S. iiTHAN. in .-ipol. 2.)
DE LA RAISON. 6g
publique , pour y suLstituer des systèmes impies et des maximes licencieuses et perverses. Restreindre alors et punir, dans les principes même de bien des mécréants de nos jours, n'est pas proprement ce que l'on peut appeiei: persécuter.
('^) Une sorte de tolérance fut-elle nécessaire au repoà des étals, ce aui souffie hien des difflailtés, etc. a Dans toute république bien ordonnée le premier soin doit être d'y établir la vraie rclidon, non une fausse ou fabuleuse, et de ne choisir pour chef que celui qui y aura été élevé dès l'enfance. Le vrai culte est l'appui de la république. »
(Platon, lib. 2, de Republ. et lih. 4, de Lecjihus.}
« Il ne doit être permis à personne, selon le même philosophe, d'avoir des dieux paiticuliers, d'adorer le vrai Dieu sui : vant son caprice , ou de se faire une reUeion à part. »
En eflfet', l'unité du culte dans un état, dit l'auteur des Pensées théologiijues , est un centre où viennent se réunir tousses membres; mais la variété du culte est un germe de discorde qui la produit tôt ou tard.
Comme l'observe l'auteur des trois Siècles, (c il y a bien de la différence entre les sentiments que la charité impose h tous les chrétiens à l'égard de ceux qui sont dans l'eireur, et les précautions que l'autorité doit prendre pour prévenir les troubles. Toute secte qui est faible réclame la tolérance, et devient intolérante quand elle a pris le dessus. C'est la chienne de la fable qui demande en suppliant un logement pour mettre bas ses petits, et chasse le propriétaire dés que ses petits sont devenus assez forts pour soutenir son usurpation. Telle est la marche des passions humaines : timides et artificieuses dans leur naissajicc, elles sort bientôt injustes et tyranniques, pour peu qu'elles trou Tcnt de l'appui.
Il faut donc regarder comme des inconséquences les déclajnations de nos philosophes qui veulent qu'on tolère toutes les fafons de penser, parce que leur premier intérêt est d'être toléré.s. On peut juger cependant de leiu- tolérance pratique par les manœuvres qu'ils mettent en usage contre ceux qui les atl.tquent
ou ne les estiment pas. Que serait-ce s'ils étaient les plus forts...? Rien de plus naturel, après cela, que de conclure qu'une tolé» rance indiscrète, telle qu'ils font semblant de la solliciter pont toutes les sectes, est aussi cbLme'rique en exécution que la pai;! universelle de l'abbé de Saint -Pierre. Qu'on examine les gouvernements les plus tolérants de l'Europe, on verra si la manicrd dont ils en usent i l'égard de ceux qu'ds tolèrent peut s'appeler véritablement une tolAance. En Hollande, en Angleterre, eu Prusse , les religions tolérées sont dans un abaissement et dans une servitude qui ne diffère pas beaucoup de l'oppression. » ( To^f. I. an mot Basna^e de Beauval.)