CHAPITRE X. j i r
tant du château et conduisant, à travers la place, à la grande église (Storkyrka). A onze heures, les États, convoques, s étant rendus dans les appartements du roi, le cortège se forme et se met en marche dans l'ordre suivant :
Deux compagnies de gardes à cheval, un timbalier, deux trompettes et des hérauts d'armes; le baron Rolarieb, maréchal de la cour du roi, à la tête des gentilshommes de la cour; les députés des provinces d'Allemagne; les cpiatrc ordres, conduits par le maréchal de la Diète et les trois orateurs; le feld- maréchal comte de Fcrscn, à cheval, grand écuyer de Suède ; le sénateur comte Sinclair, faisant fonction de grand maréchal de la cour; des sénateurs, à cheval, portant les différents attributs de la royauté; puis le roi, également à cheval, revêtu des habits royaux, a\;mi sur la tête une couronne ouverte. Sa Majesté, entourer tic* officiers de sa maison cl de ses gardes du corps, s'avançait sous un dais soutenu par de hauts fonctionnaires et des généraux.
Venaient ensuite : le sénateur baron Ribbing, à cheval, tenant en main la bannière de l'État; les princes Charles et Frédéric-Adolphe, frères du roi, à cheval, revêtus de l'habit ducal. Cette première partie du cortège était fermée par les députations du Sénat et de l'armée.
La seconde partie était ainsi réglée :
Le sénateur baron Ehrencrona, faisant fonction de grand maréchal de la cour de la reine, à la tète des gentilshommes et des chambellans de cette princesse; les dames d'honneur en voiture; la comtesse Hierne, femme du sénateur, grande gouvernante de la cour; le lieutenant général baron Stierneld, à cheval, représentant le premier écuyer; les sénateurs comtes Gyllcnstierna et Beck-Friis, et plusieurs sénateurs portant les attributs de la royauté. Enfin la reine, dans le carrosse du sacre, entourée de ses gardes et des officiers de sa maison, suivie des voitures contenant la princesse Sophie-Albertine, sœur du roi, les femmes des sénateurs et les dames de la cour.
La marche était fermée par deux compagnies du régiment des gardes à cheval.
Ceux qui connaissent la position merveilleuse de la capitale de la Suède peuvent, par la pensée, se rendre compte de l'effet magique que dut produire l'appareil magnifique de cette pompe royale s'allongeant lentement au milieu d'un peuple innombrable, pressé, ravi, enthousiaste.
A la porte de la basilique, le roi et la reine, ayant mis pied à terre, furent reçus par l'archevêque d'Upsal, à la tête de son clergé, qui les conduisit à leurs trônes, disposés en face l'un de l'autre.
Après la harangue et les prières d'usage, Gustave III, précédé des princes ses frères, vint prendre place sous un dais auprès de l'autel. Il se mit à genoux et prêta à haute voix le serment dont la formule avait été lue par le sénateur baron de Duben, président de la chancellerie. Sa Majesté s'étant assise, l'archevêque, accompagné du sénateur comte Horn, s'avança, lui mit la couronne royale sur la tête et lui présenta le sceptre et le globe, signes de la royauté.
Immédiatement, un héraut d'armes alla annoncer au dehors le couronnement, en même temps qu'une salve de coups de canon apprenait que la cérémonie était terminée.
A son tour, la reine prêta serment; puis le roi, ayant repris sa place sous le dais, reçut celui des princes et des sénateurs, ces derniers à genoux devant lui.
Le cortège reprit alors sa marche en retournant au palais, dans le même ordre qu'à l'arrivée.
Le reste de la journée fut employé à faire au peuple des distributions de provisions de bouche, de cadeaux et d'argent. On lui jeta aussi une petite médaille commémorative portant, d'un côté, l'effigie du roi, avec cette inscription : « Adolphi filius rex » ; au revers, on lit : a Generis et virtulum consensu Suecorum sceptra capescens. DXXIX maii MDCCLXXI1 » . Une grande médaille, également frappée en souvenir du couronnement, portait d'un côté le portrait du roi, avec ces mots : Gustavus III D. G. Rex Sueciœ » ; et de l'autre le