‹ Le comte de VergennesChapitre 122 sur 237 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Le mercredi 19 août, Gustave III s'éveille à son heure accoutumée; il donne Tordre qu'on lui selle son cheval, ayant le désir de faire une promenade dans la ville. Vers dix heures, il quitte ses appartements, suivi de quelques officiers et chambellans. Très calme, quoique profondément ému, il s'arrête un instant dans la salle des trahans, el s adressant à ceux qui l'accompagnent : « Si j'ai le malheur d'être tué, reeomniande-t-il, qu'on ne dise pas à mes frères que c'est par la main d'un Suédois. » Puis il monte à cheval et soit du palais (I) pour se rendre à l'arsenal et assister à la parade du régiment des gardes II honore de sa présence la manœuvre

(1) Un auleur allemand affirme que le premier acte du roi, le malin du 19 août, (lès qu'il quitta ses appartements, fut de se rendre au Sénat. Voici du reste, sa version : « Ce qu'il y a de certain c'est que le roi se rendit vers les dix lieures dans la salle du Sénat et qu'il s'y éleva une contestation des plus violentes entre lui et quelques sénateurs. Tout le reste est moins bien

éclairci. On prétend que le sujet de la contestation fut la d ande que lit

le Sénat au roi de produire les lettres qu'il recevait de son frère : que les propos étant devenus toujours plus violents de part et d'autre, quelques-uns des sénateurs s'écrièrent que c'était le moment de s'assurer de la personne du roi et de le mettre hors d'état de nuire; qu'ils voulurent lui ôter son épée, mais que Gustave les décontenança à tel point par ses regards et son air résolu qu'ils le laissèrent sortir de la salle sans résistance. « [Nachrichten von der lelzlcn Staatsverœntierun/j in Scliweden, in Mavillori ssamlung von auf-

sœtzen ûber Gegenstœnde aus der Staatskunst. Th. L. S, 301.) l'ossclt

s'assimile le même fait; mais nous ne pouvons croire que Gustave III ait, sans raison, commis l'insigne imprudence de s'exposer à donner l'éveil au Sénat, avant de s'être assuré le concours de l'armée. Il doit y avoir confusion avec la démarche que tentera le roi auprès du Sénat deux heures plus tard, quand il aura eu la certitude d'être acclamé par les soldats.

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