CHAPITRE XIII
lion, avait fait parvenir à Stockholm ses félicitations les plus aimables, car le jeune prince s'empresse de lui adresser, à son tour, ce galant billet :
u Madame la comtesse du Barry, la part que vous prenez à mes succès me les rend encore plus agréables. Le baron de Liewcn m'a fait un rapport fidèle des bontés que vous lui avez témoignées, et je vous en remercie sincèrement. Je compte avec confiance sur les sentiments que vous avez toujours manifestés pour moi, et je ne doute pas (pie je n'aie occasion de vous parler de la reconnaissance avec laquelle je suis très véritablement, Madame la comtesse du Barry, etc. (1). »
Enfin, il ne nous déplaît pas de voir Yollaire exalter en vers inspirés un coup d'État dirigé contre la liberté et en vue « de ressaisir les droits du diadème » . Le grand homme en eut même, avoue-t-il, « la tête tournée » , et, dans le transport « de sa joie et de son admiration » , il compose l'épîtrc bien connue, mais qu'il est toujours intéressant de rappeler.
Jeune el digne héritier tlu granit nom de Gustave,
Sauveur d'un peuple libre et roi d'un peuple brave,
Tu viens d'exécuter tout ce qu'on a prévu ;
Gustave a triomphé sitôt qu'il a paru.
On t'admire aujourd'hui, cher prince, autant qu'on t'aime.
Tu viens de ressaisir les droits du diadème.
Et quels sont, en effet, tes véritables droits?
De faire des heureux en protégeant les lois;
De rendre à ton pays cette gloire passée
Que la discorde obscure a longtemps éclipsée ;
De ne plus distinguer ni Bonnets ni Chapeaux,
Dans un trouble éternel infortunés rivaux;
De couvrir de lauriers ces tètes égarées
Qu'à leurs discussions la haine avait livrées,
Et de les réunir sous un roi généreux .
Un Étal divisé fut toujours malheureux.
De sa liberté vaine il vante le prestige;
Dans son illusion sa misère l'afflige;
Sans force, sans projets pour la gloire entrepris,
De l'Europe étonnée il devient le mépris.
Qu'un roi ferme et prudent prenne en ses mains les rênes.
Le peuple avec plaisir reçoit ses douces chaînes;
(1) Papiers d'Upsal, t. IX.
Tout change, tout renaît, tout s'anime à sa voix. On marche alors sans crainte aux pénibles exploits On soutiennes travaux, on prend un nouvel être, Et les sujets enfin sont dignes de leur maître.
Grimm n'a garde d'omettre « que la Révolution suédoise a réveillé la verve du patriarche -, ; même il ajoute irrévérenceusement : . Les vers n'ont pas paru aussi heureux que ceux qu'il a faits pour la pécheresse Clairon (I). -, Et il transcrit la lettre que leur auteur, en les envoyant, . adresse à M. le comte de Lewenhaupt, maréchal de camp au service de la France, dont le père eut la tête tranchée en Suède pour n'avoir pas été heureux contre les Russes ,, .
« Ferney, le 21 septembre 1772.
« Monsieur, il y avait longtemps que j'étais Chapeau, mais la tête m'a tourné de joie et d'admiration. Elle est tellement tournée que je vous envoie les mauvais vers qui m'échappèrent au premier bruit qui me vint de la révolution. Je vous prie de me les pardonner. Le zèle n'est pas toujours éloquent; mais ce qui part du cœur a des droits a l'indulgence.
" Agréez mes compliments sur les trois Gustave cl les assurances du tendre respect avec lequel, etc.
« Voltaire (2). ,,
(1) Cette actrice venait de faire célébrer chez elle l'apothéose du patriarche et celui-ci 1 en ava.t remercié dans une pièce devenue célèbre.
[À) Correspondance, année 1772.
Enfin des compliment* furent envoyés au roi de Suède, même d'Afrique. Voici 1 adresse du bey de Tripoli : 4
-■Loué soit le plus louable ! Bénédiction et paix soient accordées au plus illustre des hommes dont la lumière éclaire les sages ! (Mahomet )
- Nous .ouhaiton. une félicité parfaite et vouons une haute estime à celui
chrefente; Prmce qu, excelle parmi ceux qui professent l'évangile: oui observe inv.o.ab.emen, ses alliances ; grand dans les conseils et profond dan sa prudence. Veudle le Ro. éternel des Rois qui vous a choisi selon sa Providence «naherable pour régner, rendre a l'avenir votre gloire inséparable des vertus em.nentes que vous avez déjà fait briller. Nous avons appns que vous avez afferm, les renés du gouvernement en défendant avec force les droits du
reprpublic! 1 P '' enant ^ '"" "* ^ W '" ^^ Ca r ahleS Rassurer le « A peine avez-vous commandé que vous êtes devenu, malgré l'obstination