‹ Le comte de VergennesChapitre 142 sur 237 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

emprisonné, massacré. J'ai pris sur-le-champ mon parti. Après une exhortation aux gardes, j'ai fait arrêter, en plein midi, le Sénat; je me suis emparé du parc d'artillerie. Toutes les gardes m'ont été fidèles ; les lils mêmes des sénateurs, leurs neveux, m'ont suivi. J'ai ordonné aux dépulations des États de se disperser sur-le-champ, j'ai été obéi. Le peuple s'est déclaré pour moi avec une allégresse étonnante. Ses cris de joie, ses acclamations m'ont suivi partout. Les avenues sont gardées, et tout est rentré dans l'ordre et la tranquil-

lité.

« J'ai fait expédier des ordres à mes frères, que j'avais envoyés soulever les provinces, pour leur donner le commandement général, mon frère Charles des provinces du Nord, mon frère Frédéric de celles du Midi.

« Je supplie ma chère mère de prendre en main mes provinces d'Allemagne et de souffrir que le comte Sinclair commande sous elle. J'espère que le roi de Prusse pensera à deux fois avant de m'inquiéter, quand il verra sa sœur à la tête du gouvernement de la Poméranic, et c'est principalcmentdans cette idée que je vous le confie, ma mère : il n osera pas y porter la main. »

Il ajoute :

u Je ne vous parlerai pas de ce que vous aurez à faire pour le honneur de vos peuples ; c'est de vous que je voudrais l'apprendre (1). »

Au prince Charles, qui n'avait pas hésité à exposer sa liberté et peut-être sa vie, en cas de défaite, pour mieux asseoir son frère sur un trône, dont pourtant il était l'héritier, et qui, après la victoire, s'était empressé d'aller recevoir, dans les principales villes du midi de la Suède, le serment des troupes, tandis que le prince Frédéric remplissait dans le Nord la même mission, le roi devait un témoignage public de sa haute satisfaction et de son affection II ne pouvait pas surtout oublier le capitaine Hellichius et sa courageuse gar-

(1) Papiers d'Upsal.

nison de Christianstad, promoteurs de la révolte contre la tyrannie du Sénat et des États.

Le 28 août, Gustave écrit au prince Charles en ces termes :

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