SÉRÉNISSIME PRINCE, NOTRE BIEN-AIMÉ ET CHER FRERE
« La lettre de Votre Altesse Royale du 2i de ce mois nous a appris, ce que nous avions déjà pressenti, que le capitaine Helhchius avait, à la première sommation de Votre Altesse Royale, rendu la forteresse de Christianstad, dont il avait, depuis quelques jours, interrompu toute communication avec le dehors. Il est donc prouvé aux yeux de tous qu'il n'y a point eu là de sédition, et que ce hrave officier s'est uniquement révolté contre la licence et la violence du parti dominant, et nullement contre nous et contre la patrie. Nous ne parlons que de lui, parce qu'il a élé le premier chef de l'entreprise ; cependant nous conserverons toujours un souvenir attendri de tous ceux de la garnison ou d'ailleurs qui l'ont assisté. Ils ont tous, incertains du succès, risqué leur vie sans redouter ni les périls, ni les châtiments les plus graves : le vrai courage sait tout braver !
« Dieu voyait leurs cœurs, qui étaient pour nous et pour la patrie. Leurs vœux sont accomplis : la vraie liberté est rétablie; l'oppression, la persécution, toutes les intrigues étrangères ont disparu, et nous avons restauré cette légitime autorité royale sous l'empire de laquelle le royaume a connu les temps les plus glorieux. Plus cet acte de la Providence est grand, plus nous devons manifester, au capitaine Ilellichius et à tous ceux qui l'ont suivi et lui ont obéi, notre gracieuse bienveillance et le plaisir que nous ont causé leur courage, leur fermeté et leur conduite généreuse.
« Personne ne saurait leur témoigner notre satisfaction d'une façon plus précieuse que Votre Altesse Royale, dont l'exemple, éclatant d'amour pour nous et pour la patrie, fait l'objet de notre vénération.
« En foi de quoi, nous en chargeons Votre Altesse Royale, avec d'autant plus de plaisir que nous l'affectionnons de toute