‹ Le comte de VergennesChapitre 148 sur 237 · MONSIEUR MON FRÈRE ET COUSIN · texte numérisé non relu

MONSIEUR MON FRÈRE ET COUSIN

« Je suis d'autant plus touché des sentiments que Votre Majesté me témoigne par sa lettre du 30 du mois dernier que je les mériterai toujours par le plus parfait retour de ma part et par l'intérêt que je ne cesserai jamais de prendre à la prospérité de son règne.

« Votre Majesté sait pour quel motif j'ai fait supprimer du nombre des lieutenants généraux de mes armées le comte d'Hessenstein ; mais, puisqu'elle lui a pardonné la conduite qu'il a tenue dans la révolution de Suède, je lui ferai également éprouver les effets de ma clémence.

« J ai ordonné, en conséquence, son rétablissement dans le .grade dont je Pavais privé, et j'espère qu'il se rendra de plus en plus digne des bontés de Votre Majesté par l'attachement le plus pur et le plus fidèle à sa personne et à son service.

« Je suis, avec une considération distinguée et une tendre amitié, etc.

« Louis. »

(Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1772, vol. 203. )

d'une médaille se portant sur l'uniforme, d'or avec ruban jaune liséré de bleu pour les officiers, d'argent avec ruban blanc pour les soldats.

La milice bourgeoise fut gratifiée, elle aussi, d'une médaille, sur l'un des côtés de laquelle était représentée une ruche d'où s'échappait un essaim d'abeilles suivant sa reine : l'allusion n'a pas besoin d'explication. Enfin, en souvenir du mouchoir noué par le roi à son bras, le brassard blanc fit partie de l'uniforme de tous les officiers de l'armée et de la milice bourgeoise.

Les titres nobiliaires, les grades, les emplois, les décorations furent distribués à profusion. Bien qu'il eut été dans l'impossibilité de participer à l'entreprise, le colonel Sprengtporten ne pouvait être omis. Le 7 septembre seulement, après une traversée aussi longue que périlleuse, il faisait, à la tête de sa petite troupe de huit cents hommes, son entrée à Stockholm.

Le roi, à cheval, suivi d'un nombreux état-major et d'un grand concours de peuple, s'était porté hors de la ville au-devant de lui. Dès qu'il aperçut les soldats, il mit pied à terre et serra dans ses bras leur chef, qui se prosterna à ses genoux. Gustave III, tirant son épée, donna au colonel l'accolade et plaça de sa main sur son uniforme les insignes de commandeur de l'ordre de l'Épée. Il l'invita alors à se relever et l'embrassa une seconde fois, aux applaudissements de toute l'assistance, en lui annonçant qu'il le nommait général. Puis, se plaçant en avant du détachement, il rentra à Stockholm. La révolution n'ayant eu d'autre but que de sauver la Suède des divisions et des luttes qui la déchiraient, il convenait de faire cesser d'une façon définitive l'antagonisme des classes et des partis. Pour cela, une ordonnance spéciale interdit à l'avenir l'usage des appellations de Chapeaux et de Bonnets, qui n'avaient plus de raison d'être par suite du complet anéantissement des deux factions rivales (1). De fait, ces

(1) Cette ordonnance, en date du 24 août 1772, est conçue en ces termes : « Kos soins pour votre union générale ont eu, par la puissante protection

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