CHAPITRE XV
ment et dans toute occasion lo roi do Suède de ne jamais démentir, dans le cours de ses opérations, pour quelque cause que ce soit, le caractère de fermeté qu'il vient de déployer. C'est le seul moyen de rétablir le calme dans ses États, de maintenir son autorité et de se faire respecter et considérer dans l'Europe. Qu'il ne s'inquiète pas de ses voisins; nous les contiendrons, c'est notre affaire; mais la sienne est de contenir ses sujets, et il n'y réussira, surtout dans les commencements, que par la fermeté la plus soutenue et la plus inébranlable. Elle n'est point inséparable de l'humanité et de la générosité (I). »
Il est toujours commode, à distance, de distribuer aux autres des conseils, plus ou moins désintéressés, de fermeté de constance, de générosité et d'humanité ; il est non moins facile de se flatter de les délivrer de leurs ennemis; mais parfois, même pour un roi de France, la tache est plus malaisée qu'on ne l'avait d'abord supposé.
On connaît exactement, grâce aux Papiers déposés à l'Université d'Upsal, dont Gustave III n'avait autorisé l'ouverture que cinquante années après sa mort, toutes les phases des faits et négociations ayant suivi la révolution du I!) août. La correspondance de Frédéric II et du prince Henri avec leur neveu et leur sœur ne laisse subsister aucun doute sur le mécontentement qu'on ressentit, à Berlin, du changement survenu dans le gouvernement de Suède.
Dès le I" septembre 1772 le roi de Prusse écrit à Stockholm :