‹ Le comte de VergennesChapitre 164 sur 237 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

cisif, avec l'appui de manifestes et de déclarations signés des (rois puissances. »

Le f) septembre, le même ajoute : g L'impératrice de Russie se persuade que le roi de Prusse ne manquera pas de faire avec succès une exhortation dernière à son neveu de ne pas se mesurer contre trois cours qui avaient pris le soutien de la constitution de Tan 1720 pour base principale de leurs engagements réciproques. Elle compte que, d'autre part, le roi mon maître donnera à méditer à Sa Majesté Suédoise, par l'équipement des vaisseaux et des arrangements en Norvège que l'impératrice lui propose. »

Le 2 octobre, le diplomate danois mande encore : « Le roi de Prusse n'aura jamais une occasion pareille pour agrandir d un beau morceau ses possessions; el, à moins de vouloir jouer le rôle de médiateur, il ne pourra se dédire de ce qu'il doit avoir écrit lui-même au roi de Suède. »

Le « concert » provoqué par la Russie entre les trois plus proches voisins de la' Suède est donc flagrant. Catherine en est l'âme; clic encourage Frédéric à s'emparer de la Poinérame, qui n'apparaît plus comme « un petit bout » de terre tout au plus bon à « exciter la cupidité d'un cadet de famille » , mais bien comme un « bon morceau » de roi. Et le Danemark se joint à elle pour flatter, avec quelle imprudence ? la passion qui, de tout temps, a dévoré la Prusse de « s'agrandir » par la force au mépris du droit : il en sera plus tard à son tour la victime.

C'est encore Catherine qui « propose » au roi Christian d'armer ses vaisseaux et de prendre » des arrangements en Norvège « ; ce qui veut dire d'y rassembler des soldats.

Aussitôt que Gustave III apprend les dispositions militaires ordonnées par son beau-frère, confirmées par le départ furtif du prince Frédéric de Danemark se rendant en Norvège pour se mettre à la tête des troupes, il quitte sur l'heure son château d'Ekolsund et rentre dans la capitale en vue de prendre les mesures que les circonstances exigeaient.

Les forces militaires de la Suède se ressentaient du désordre

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et de l'incurie dans lesquels le pays avait été plongé si longtemps. Elles étaient presque entièrement à reconstituer.

Sur le papier l'amirauté annonçait vingt-quatre vaisseaux de ligne; mais, sur ce nombre, neuf, de bonne construction, se trouvaient en état d'être armés et d'entrer en campagne; six pouvaient, à la rigueur, être radoubés et prendre la mer' mais seulement dans le cours du prochain été ; pour les autres' il était impossible de songer à les utiliser. Par exemple, les magasins de la marine étaient bien pourvus de pièces d'artillerie et de bois de construction : toutefois les cordages manquaient absolument. Enfin, pour pouvoir opposer ces quinze bâtiments restaurés, si insuffisants qu'ils fussent, aux flottes combinées de la Russie et du Danemark, on évaluait la dépense à plus d'un million de livres, et le trésor suédois ne les contenait pas.

En ce qui touche l'armée de terre, la Suède pouvait appeler 47,446 hommes se décomposant ainsi :

Infanterie suédoise 2 2,618 hommes

— finlandaise 8 737

— poméranienne 2 400

Cavalerie suédoise 7 q~q

— finlandaise 3^54

— poméranienne 400,

Artillerie ,, QO .

^2,y27 hommes

Mais ces chiffres contenaient les indisponibles. En résumé tous les effectifs rassemblés, l'armée suédoise ne s'élevait guère à plus d'une quarantaine de mille hommes, dont la mobilisation semblait irréalisable si un secours annuel de 800,000 livres ne mettait pas l'État à même d'en couvrir les frais.

Pour parer aux événements, le 30 octobre se réunit une assemblée générale du Sénat. Le roi y rend compte des dis-

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