CHAPITRE XVI
du roi de Danemark à mon égard. Il a déjà, par son ministre, donné à Votre Majesté des assurances qui, dans d'autres circonstances, devraient paraître suffisantes, et il vient d'en donner également au mien, et. malgré cela, il fait faire des préparatifs si formidables dans la Norvège epic tous mes sujets sur les frontières en sont alarmés et qu'il m'a été impossible de ne pas y tourner une attention plus sérieuse.
a Si c'est de concert avec une autre cour, ou si on se (latte de pouvoir inciter quelque mécontentement dans L'intérieur de mes Etats, c'est ce que j'ignore encore. Mais, en attendant, j'ai cru essentiel de me présenter moi-même sur la frontière, et c'est ce qui m'a déterminé à faire le voyage que je vais entreprendre malgré la rigueur de la saison à laquelle il faut se préparer.
« La déclaration que mon ministre à Copenhague a dû remettre en même temps à la cour de Danemark doit vraisemblablement débrouiller cette situation et, à ce que j'espère, amener une plus grande certitude sur la façon de penser de cette cour. En tout cas, je trouve qu'il est bien doux de pouvoir déposer dans le sein de Votre Majesté, avec une confiance entière, tout ce (pie ma situation peut avoir d'embarrassant, et je compte toujours sur cette amitié dont elle m'a si souvent donné des preuves si évidentes. C'est avec ces sentiments et ceux de la plus haute estime que je suis, etc.
» Gustave (1). «
Le lendemain, 9 novembre, le roi, accompagné du comte de Licwen, grand maréchal de la cour, s'éloignait dans la direction du lac Vcncr. Le voyage fut long et difficile, à une époque de l'année particulièrement défavorable et à travers les immenses forets de pins et les lacs innombrables qui couvrent toute cette partie de la Suède; mais nous savons que, des l'enfance, le prince avait été habitué à supporter la fatigue et les plus rigoureuses intempéries.
(I) Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1772, vol. 263.
Le 14, il arrivait à Carlstad, ville principale de la province du Vermland. C'est là que le rejoignit le baron de Hesse porteur de la réponse de la cour de Copenhague.
Avec un empressement très significatif, aussitôt après avoir reçu des mains du général Sprengtporten la déclaration suédoise, Christian VII avait fait rédiger et expédier une note ainsi conçue :
■ Copenhague, le 9 novembre 1772.
«Le roi (de Danemark) a reçu avec une satisfaction extrême les assurances de l'amitié sincère et constante de Sa Majesté Suédoise, contenues dans la déclaration que M le baron Sprengtporten, envoyé extraordinaire de Sa Majesté Suédoise, a donnée par écrit au soussigné, ministre d'État de Sa Majesté Danoise, le 7 du courant.
« Comme Sa Majesté n'a rien plus à cœur que de perpétuer 1 heureuse union qui a toujours subsisté entre elle et le roi de Suède, qu'elle se plaît à considérer comme son parent et son ara, particulier, et d'écarter tout ce qui pourrait occasionner le moindre doute sur ses sentiments et altérer l'inimité qu'elle désire toujours voir absolument et sincèrement établie entre les deux cours, elle n'hésite pas un instant à déclarer, de la manière la plus solennelle et la plus sincère, que tous ses arrangements militaires et particulièrement ceux de Norvège, dont il est fait mention dans la susdite déclaration de Sa Majesté Suédoise, n'ont et n'ont jamais eu d'autres but et objet que la sécurité de ses propres États, et que Sa Majesté n'a et n'a jamais eu le moindre dessein d'attaquer ou d offenser ceux de Sa Majesté Suédoise, ni de troubler d'aucune manière le repos, ni d'interrompre la paix et la bonne harmonie qui subsistent si heureusement entre les deux cours et dont elle désire sincèrement la perpétuité.
« Sa Majesté, très résolue de prouver en toute rencontre la venté de ces sentiments, qu'en son nom et par son commandement exprès le soussigné vient d'exprimer, se flatte que Sa Majesté Suédoise y répondra avec la même sincérité,