CHAPITRE XVIII
qui ne serait administré qu'en trois ans et qui, pour être efficace, aurait besoin d'être fourni sur-le-champ. Les observations de l'ambasadeur sur cet article sont palpables, ainsi que sur ses craintes que la Suède ne trouve pas, au besoin, toutes les ressources intérieures que l'on fait espérer.
« On doit également convenir que, quoiqu'il réfute avec ménagement les motifs allégués dans les lettres de M. d'Aiguillon pour fonder l'espérance où l'on se plaît à être ici que la Suède ne sera pas inquiétée par ses voisins, il n'en est pas moins vrai que ses arguments sont victorieux; ils sont fondés sur le véritable intérêt de ces puissances, et on n'y répond que par les assurances pacifiques qu'on reçoit des trois cours. Or il est plus que démontré que leurs assurances, que même des traités et les conventions les plus formelles ne sauraient les lier dès qu'elles envisagent un avantage quelconque à y manquer.
« On croit donc pouvoir conclure à la nécessité de prendre des mesures efficaces et combinées pour mettre obstacle à l'exécution d'un système aussi dangereux. »
« 6 avril 1773.
« Les événements, que j'avais cru devoir annoncer comme possibles à Votre Majesté et même vraisemblables, arrivent avec une telle rapidité qu'à peine a-t-on le temps de les prévoir. Elle verra, par la lecture de la dépêche de M. de Vcrgcnncs, qu'on est, à Stockholm, dans la plus grande consternation; ce qui ne manque jamais d'arriver quand on est pris au dépourvu.
" Je supplie Votre Majesté de lire cette expédition en entier; elle m'a paru si importante que j'ai pensé devoir la mettre en original sous ses yeux, et il serait superflu que j'y ajoutasse aucune réflexion. Je vois avec beaucoup de peine que nous serons encore prévenus en Suède et que l'engagement, trop publiquement pris, de soutenir cette puissance, sera bien difficile à remplir; car je ne saurais regarder, Sire, comme un moyen efficace l'escadre qu'on arme à Toulon et
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« 13 avril 1773
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