‹ Le comte de VergennesChapitre 196 sur 237 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

u J'ai fait appeler deux des sénateurs du royaume, les comtes de Stockenstrôm et de Herniaiisou, ainsi que le sieur Hégardt, mon premier secrétaire de révision, el je les ai chargés, après que le Parlement m'aura expliqué à moimême de vive voix comment la justice est rendue, d'examiner ses greffes, actes, journaux, registres et, en même temps, s'il a les yeux ouverts sur les subalternes pour leur fane observer leur devoir, si les emplois qui sont de son ressort sont distribués et remplis avec, équité, et enfin si nos fidèles sujets éprouvent, dans tous les cas, les effets prompts et avantageux d'une justice bien réglée. Les sénateurs me feront un rapport exact et circonstancié de tous ces objets.

" Ma volonté esl donc que Ions les membres qui composent ce Parlement et tous les officiers qui en dépendent donnent auxdits sénateurs les lumières et les secours qu'ils jugeront à propos de demander à ce sujet, de la même manière que si j'en faisais moi-même la réquisition. J accorderai toute ma faveur et ma bienveillance à ceux qui auront exercé leurs charges avec intégrité, mais j'abandonnerai à la sévérité des lois ceux cpii auront abusé de leurs emplois par une négligence ou une conduite criminelle (I). »

En rapportant cette démarche eten la jugeant aussi louable qu'opportune, M. de Vergcnnes explique : « Sa Majesté ne désire pas trouver des coupables; mais, s'il y en a, elle est bien déterminée à les faire poursuivre avec rigueur el à faire un exemple qui, en rappelant les juges à leurs devoirs, rassure les peuples contre les vexations et les injustices, dont ils n'étaient que trop souvent la victime. »

Moins bien inspiré nous paraît avoir été le roi de Suède dans ses mesures contre les membres du barreau. Nous le voyons, en effet, aggraver, au mépris de toute justice el de toute raison, les peines dont la loi frappait déjà les avocats coupables d'avoir « engagé les plaideurs à entreprendre des procès injustes et ruineux » . Ceux qui avaient, de la sorte,

(1) Gazette de France, n° du 5 novembre 1773.

« vole les devoirs de leur honorable profession „, étaient passées de répondes. Gustave III y substitua, si nous en cnjoas une correspondance de Stockholm publiée parla Gazette de France, . des peines corporelles (I) „ : que T que jours de prison, sans doute, à titre comminatoire

G est au milieu de la réorganisation des diverses branches

velle de la maladie, puis de la mort de Mme d'Egmont. Celle- « avait continué à s'intéresser avec ardeur à tout ce qui se disait, à tout ce qui se faisait, a tout ce qui se passait en Sucde. Sa pensée y v.va.t. Le dernier billet qu'elle dicta car elle eta.t trop faible pour écrire, daté de Braisnes, félicite le ro.d une récente visite aux hospices, do.it un journal avait parlé . Celle q,„ „ c cesse de s'occuper de la gloire et du bonheur du pl U8 ainiable dcs ^ yient ^ ^

G« e « e de ce matin les transports de reconnaissance des pauvres malades que sa bonté touchante a daigné visite, . Elle eta.t donc toujours Thomassine Spinola. Mais son » chevaber . , absorbé par les soucis et les devoirs du trône ne commencait.il pas à la délaisser, sinon déjà à l'oublier ? Sa pauvre âme, effleurée par le doute, en souffrira cruellement, et une ombre descendue du Nord, attrista ses derniers jours Le 14 octobre 1773, à neuf heures un quart du soir, Sentie manie „ eta.t plus. Une maladie de poitrine avait faii lentement ma,s sûrement, son œuvre de mort. L'amie de Gustave 111 n avait que trente-trois ans.

Le prince fut sincèrement affligé. Il prit pour confidente de son chagrin et de ses regrets une des plus proches parentes le la comtesse d Egmont, cette belle Mme de Brionne avec laquelle, du reste, il n'avait pas non plus cessé d'être en correspondance. Celle-ci lui répond aussitôt :

« Paris, le 2 décembre 1773.

« Que de sentiments j'éprouve à la fois en recevant la lettre ;l) N° du 20 août 1773.

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