CHAPITRE XX
de là, dans une des austères cellules de l'abbaye, une carmélite en pleurs récitait les prières des trépassés : c'était la quatrième tille du roi de France, Madame Louise, implorant le pardon du ciel pour son père vénéré !
formait un parallélogramme, était élevé sur six degrés. Quatre groupes de cariatides, faits en marbre de Paros, dont les fronts étaient couverts de linceuls et de voiles funèbres, exprimaient la plus grande douleur. Deux portaient un carreau couvert de fleurs de lys sur lequel étaient posés la couronne royale, le sceptre et la main de justice, accompagnés de branches de cyprès. Au-dessous de ces ornements, deux tables de jaspe renfermaient ces paroles des saintes Ecritures.
« La première du côté de l'Evangile :
« Defecerunt si/ut fumus dies met.
« Psal. 101, v. 4. »
» Celle du côté opposé :
« Percussus sum ut fœnum Et aruit cor meum.
« Psal. 101, v . 5.»
« Sur le fond du monument un groupe de femmes éplorécs représentait la Erance et la Navarre. Aux angles de l'édifice quatre cippes funéraires, faits de tronçons de colonnes de jaspe sanguin, servaient de base à des faisceaux de lances liées avec des écharpes, auxquels étaient suspendus des trophées militaires. Une urne d'or, placée au centre du monument, portait sur deux de ses faces des médaillons du feu roi. Ce sarcophage était couvert d'une attique, sur laquelle le poêle royal était développé. On carreau de velours noir, orné do franges et glands en argent, portait la couronne de nos rois sous un crêpe de demi qui descendait jusqu'au bas du sarcophage. Une crédence était placée devant le mausolée, sur laquelle on avait déposé le manteau royal et les armes du feu roi. La bannière de Erance en velours violet, semée de fleurs de lys d'or, était élevée dans le sanctuaire avec le pannon du roi, d'étoffe bleue pareillement semé de fleurs de lys d'or. Enfin le catafalque était couvert d'un magnifique pavillon suspendu à la voûte du temple, dont l'encouronnement formait une coupole ovale, parsemée de fleurs de lys, coupée sur les avant-corps par des bandes d'hermine.
« Le corps de Louis XV avait été descendu au caveau quelques jours après sa mort, suivant l'usage observé pour les rois qui meurent de la petite vérole. Mais la représentation était placée sur un magnifique catafalque, sous un grand pavillon, au milieu d'une chapelle ardente éclairée par un grand nombre de cierges.
« Le cardinal de la Roche-Ayinon, grand aumônier de France, avait assisté la veille aux vêpres des morts chantées par la musique du roi et par les religieux de l'abbaye.
« Le Clergé, le Parlement, la Chambre des comptes, la Cour des monnaies, le Châtelet, l'Election, les Corps de ville et l'Université s'y rendirent, suivant l'invitation qui leur en avait été faite.
« Monsieur et Monseigneur le comte d'Artois, ayant pris leurs places,
Le jour de la m0 rt de Lou.s XV, le duc d'A.gui.lon avait informe de ce tnste événetnent les ambassadeurs e T près des cours étrange, I, écrit a M. de £
« Versailles, le 10 mai 1774 « Nous venons, Monsieur, de perdre le roi. Depuis plu-
ensuite le prince de Condé, la messe f ut cé , ébrée par h ^ ^ ,, ^
n .a^ d':f:si:;x^^^'e 7rqui de Dreux . Brezé
r ur le comte d'Anoî. y fut H5S£,Y£ £% ^T*"' ^^
cérémonies en survivance du sieur n„, , NantoaJ "et. maître des
sieur de Watronville, aide des ZLoZ^' " * »*" de C °" dê P« >«
de Meaux et de Zombez fir e „7l s f ^"^™" et '- évêques de Chartres, Le roi darmes, j£ 'avÏr M ^0^7,.' ^ * '* "**««*■■ caveau, appela ceux qui devaii pol r P ^"^f, 61 80n cha P-°n dans le Courtenvaux apporta l'enseïïrL P sre t S PleCe !> h0nneUr - Le mar( î uis de taine-colone.. S princITfîng ^ le "dutdTvilf '" ^ ^ " "" -P 1 " vau apportèrent les enseignes dlleurT * "* '" prinCe de Bea ""
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fonctions de premier écuyer apporta 1 h Y .«*«J« du roi, faisant les quis de la Chesnaye de Limon, „ hea r e . tunbré à ,a Royale. Le marpannon du roi, e/le piSTS^T*' ^ lraDChant ' a PP° rta ,e l'épée royale; ,e duc JbS , g an ftE J.^ * F r Ce ' '»««" France; le duc de Béthune la maL 1 ?' ? P ° r ' a ,a banniè,e de
sceptre, et le duc d'Uzès, la couronne^ Tgï H '? t '« *■-** le de France en survivance du princ" de Condé , > , B ° Urbon 'g™d maître le caveau, et les maitres d^^^™* ^ d ° - ***» dans Le duc de Bourbon cria ensuite f J Le £ «ÏJ^ ^ £ J* ^ trois fois : « Le roi est mort, prions tous nu„ i armes répéta
on * „„, PfB „ h roi d ;ir; ri r» ° . rr T î.K tsiz : • ssïrrS "*»*- * — »— «* « t;i L :™r:i:
« Les princes, le clergé, les ducs, les officiers et les m • ,
ensuite trattés magnifiquement en différentes JZ £ l?^™"* «•«
« Cette pompe funèbre avait été ordonnée par le A»l Ta France, premier gentilhomme de la chambre du ro en ° m ' ^ de
par le sieur Papillon de la Ferté intendant , e ", eXerCice > e ' conduite
quebuse, menus plaisirs et affai es de Sa M « V , ^ ^^ de *'•* Ange Challe, professeur de .or t \ZÎ > ' -^ '" deS8,DS de Mic ^'-
nistrateur de.' chambre et de , oTcZet /faT,' , ^"^ ^ cutee par le s.eur Bocciardi, sculpteur^ m,™ ffi^ ." <+
CHAPITI1K XX.
sieurs jours son état a toujours été en empirant, et Sa Majesté est expirée aujourd'hui à trois heures et demie après midi.
« C'est pénétré de la douleur la plus vive que je vous donne le premier avis de ce funeste événement. Vous voudrez bien en informer la cour où vous êtes, en attendant que la notification formelle puisse lui être envoyée. « J ai l'honneur d'être, etc. »
Le surlendemain, le nouveau roi signait la notification officielle du décès destinée à la cour de Suède.
« Très haut, très excellent et très puissant prince, notre très cher et très amé bon frère, cousin, allié et confédéré,
« C'est avec la plus vive douleur que nous vous faisons part de la perte que nous venons de faire du roi, notre très honoré seigneur et aïeul.
« Dieu l'a appelé à lui le 10 de ce mois, vers les trois heures après midi. Cet événement esl d'autant plus cruel pour nous qu'il nous enlève un père que nous chérissions et qui nous donnait journellement les preuves les plus sensibles de son affection et de sa tendresse. Nous sommes persuadé delà part que vous prendrez à notre affliction, par la connaissance que nous avons de l'estime et de l'amitié réciproques qui vous attachaient au feu roi notre aïeul.
« En nous transmettant la couronne, il nous a transmis également les sentiments qu'il vous avait voués. Nous sommes surtout pénétré de l'intérêt particulier qu'il a pris en tout temps, à l'exemple de nos ancêtres, au honheur et à la prospérité de la Suède, ainsi qu'à la gloire de Votre Majesté.
« Nous chargeons le comte de Vergenncs, que nous continuons de faire résider auprès de vous en qualité de notre ambassadeur, de vous assurer, de la manière la plus expressive, que nous serons toujours animé du même esprit et du même zèle pour tout ce qui pourra toucher votre personne et votre couronne, et que nous ne laisserons échapper aucune occasion pour en convaincre Votre Majesté, ainsi que de notre parfaite estime et de notre amitié inviolable.
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" * U \ Ce ; n ° US P Hons Die » qu'il vous ait, très haut très excellent et très passant prince, notre très cher et trè ' ani
" V ° tre b0n frère > ~win, allié et confédéré, « Fait à Choisy, le 12 mai 1774. „ " L ° DIS '
Depuis un demi-siècle, Louis XV avait témoigné tant d'intérêt et de mumficence pour la Suède que la nouvelle de sa malache .ne pouvatt manquer d' y causer une vive émotion
Quant au comte de Vergennes, des le prem.er avis de Tin dtspostt.on du roi, il avoue . cju'il ne revient pas de la on sternat 10 n où d est plongé ,, Informé aussitôfpar lu <T tare III se montre non moins péniblement ^ressmnnÎ ai passe plus d'une heure avec ce pnnce, ajoute l'amh * «odeur; d etmt dans le plus grand abattement. * Sa M^e té" avait pour lu: les sentiments d'un père ce „ r , J
et il les iustifip n Q t , P ' P Ce les ménte
et les jushhe. II avait pour le roi toute la tendresse au'un bis peut avoir pour son père (1) . „ q "
Rienn'étahplusexact.LejeuneroiéprouvaùpourLomsXV une affectmn respectueuse fondée sur la symp'athte plu sfn
8 ? Xet; ™ ssance - Aussi > ^ *< *™~
S! redoute fut devenu certam, sa douleur, muette à force d être profonde, n'eut rien de simulé m d'affecté X M
de France un, leurs regrets et mêler leurs larmes, comm e fera.ent deux am 1S pleurant la mort d'un ami. L scène e rapportée en termes simples et touchants par M. de Ve gennes. ^ ver "
" Stockholm, le 24 mai
« Monsieur le duc,
■ Le courrier de M. ]e e„ ml< , de Creuts, arrivé hier „,„„„ » « reuu, la UUre dou, vous „, W Wre pour £££
(1) Dépêche au duc d'Aiguillon du.1» mai 1774 Archiva ■ • affaires étrangères, Suède, 1774, vol. 265. A,cn 'ves du mmulère des