CHAPITRE XX
La première pensée du petit-fils de Louis XV en voyant le trône se rapprocher si près de lui, avait été toute de bienfaisance et de charité. Le malin même de ce 10 mai, où il allait cesser d'être dauphin pour devenir roi, il avait écrit à l'abbé Terray :
,i Monsieur le contrôleur général, je vous prie de fane distribuer 200,000 livres aux pauvres des paroisses de Paris pour prier pour le roi. Si vous trouvez que ce soit trop cher, vu les besoins de l'État, vous le retiendrez sur ma pension et sur celle
de Mme la dauphine.
« Louis-Auguste. »
Cette libéralité aussi touchante qu'opportune avait recueilli d'unanimes suffrages, h Tout Paris, constate Grimm, a été transporté et attendri jusqu'aux larmes. On a trouvé dans cette lettre, dont le style rappelle si bien celui de Henri IV, l'expression la plus sensible et la plus vive d'une piété vraiment filiale et d'une attention paternelle aux besoins du peuple. Un nouveau règne pouvait-il s'annoncer sous des auspices plus saints et plus heureux (1) ? »
Le jeune roi était, eft effet, inspiré par des intentions trop nobles et trop pures pour que les « besoins du peuple » ne fussent pas l'unique objet de ses préoccupations et de sa sollicitude. Dès le premier conseil qu'il préside comme souverain, il se fait rendre compte par les ministres en fonction de la situation exacte du Trésor, dont les exigences, en raison des prodigalités inouïes de la fin du dernier règne, pesaient d'un poids si lourd sur ses sujets, et il tient à fane savoir à tous que ses plus constants efforts tendront à diminuer les charges de l'État. Déjà même il entre résolument dans celte voie généreuse en renonçant au droit de joyeux avènement.
Voici, à cet égard, le préambule de l'édit — le premier signé par Louis XVI — « qui doit ajouter, déclare la Gazette
(1) Correspondance , année 177^,
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