CHAPITRE III
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qui approche et qui demande l'exécution de ces dispositions favorables.
« L'ouverture de la Diète est fixée pour le 13 du mois prochain. La plupart des élections des provinces sont faites, et l'ambassadeur de Sa Majesté Très Chrétienne aura à peine le temps d'arriver pour l'élection du maréchal de la Diète : moment si précieux qui décide de la tournure que prendront les affaires et de la disposition des esprits pour toute la Diète. «i Votre Excellence connaît la grandeur des objets qu'on y va traiter; un nouvel ordre de choses se développe. Il ne s agît pas de moins que d'affermir le règne du roi mon maître, qui commence sous de si heureux auspices, d'effectuer les promesses que Sa Majesté Très Chrétienne lui a faites de soutenir l'indépendance de la couronne contre les efforts de voisins entreprenants, de consolider le système du Nord et de le rendre utile aux deux couronnes
« Un plus long retard de M. de Vergennes romprait tous ces desseins. Il découragerait les patriotes et il favoriserait les projets des ennemis de la Suède.
« Le séjour du roi en France, l'amitié personnelle et intime qui en est résulté entre les deux monarques, en ont déjà excité la jalousie, et les dernières nouvelles de Suède m'annoncent qu'ils redoublent d'efforts pour contrarier les mesures les plus salutaires.
» Je conjure donc Votre Excellence de mettre ces considérations sous les yeux de Sa Majesté Très Chrétienne. Les sentiments généreux qui l'ont toujours animée pour la Suède, ceux qu'elle a conçus pour le roi mon maître, les intérêts réciproques des deux couronnes qui en résultent, me persuadent que Votre Excellence voudra bien employer tout son zèle pour engager Sa Majesté à rendre le départ de M de Vergennes aussi prompt et aussi utile que possible. ii J'ai l'honneur d'être, etc.
» Le comte de Creutz (I). »
(1) Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1771, vol. 259.
Louis XV mit fin sur l'heure aux retards regrettables apportés au départ de l'ambassadeur. Dès le lendemain, il lui enjoint de venir prendre congé. La brève et immédiate réponse faite par le duc de la Vrillière au comte de Creutz témoigne assez de l'empressement et de la netteté, sans réplique possible, des ordres du roi.
« Versailles, le k mai 1771.
a J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 2 de ce mois et je l'ai mise sous les yeux du roi.
« Sa Majesté m'a ordonné de vous mander que M. de Vcrgennes a pris congé d'elle et qu'il va incessamment se rendre à Stockholm avec les instructions et les moyens nécessaires pour donner au roi de Suède les preuves les moins équivoques de l'amitié du roi et du sincère intérêt que Sa Majesté prend à la prospérité du règne de Sa Majesté Suédoise.
« J'ai l'iionneur d'être, etc. (1). »
Les a instructions et moyens » qu'emportait l'ambassadeur de France étaient formulés dans un long mémoire que le roi signait le lendemain 5 mai. On a prétendu que la rédaction en avait été confiée à M. de Yergennes lui-même. Nous ne serions nullement étonnés qu'au dernier moment le duc de la Vrillière ne se fût bien volontiers déchargé de ce soin sur plus compétent que lui. Depuis que l'intérim du département des affaires étrangères était venu s'ajouter au ministère de la maison du roi, le duc avouait hautement « qu'il ne pouvait suffire à la besogne » . Nullement au fait des affaires de Suède, il ne cachait pas « qu'il fût prodigieusement embarrassé » , et il demandait des « éclaircissements .. à tous ceux qu'il croyait à même de lui en fournir.
Quelle que soit, du reste, la main qui ait tracé les grandes lignes de sa mission, M. de Vergennes dut certainement les
(1) Archives du ministère des affaires étrangères, Suède, 1771 vo | 2.