CHAPITRE II
approuver. Il esL difficile de lui prescrire une attitude plus circonspecte et plus sage (1).
Il devait h avoir pour principal obi et » d'entretenir le jeune roi dans les dispositions manifestées par lui à Versailles au cours " des conversations qu'il avait eues » avec Louis XV; « de resserrer les nœuds unissant, depuis plus d'un siècle, les deux couronnes et de n'agir que conformément aux vues de la France « .
Il lui était également recommandé, Lien loin d'inciter le roi de Suède à provoquer des changements dans la forme de son gouvernement, « d'avoir grande attention à le mettre en garde contre toute démarche qui annoncerait, de sa part, une ambition prématurée et contre les conseils de la reine, sa mère, dont le génie ardent ne lui inspirerait vraisemblablement qu'un empressement pernicieux pour étendre les droits de sa couronne » .
« Il est essentiel que, sur ce dernier point, spécifiait expressément le Mémoire, l'ambassadeur du roi se conduise avec la plus grande circonspection » ; de même qu'il s'appliquera à encourager Gustave III à mériter de plus en plus l'amour et l'admiration de ses sujets » par un gouvernement fondé sur les règles les plus solides de la prudence et de la modération » . Car, ajoutait-on, la cour de France ne saurait trop le louer du parti si sage qu'il a pris à son avènement au trône, « en contractant l'engagement de ne vouloir l'occuper que suivant la forme de gouvernement fixée par la Diète de 1720; et il est important que ce prince démontre, par toute sa conduite, qu'il borne là toutes ses prétentions, du moins jusqu'à ce qu'il se présente, dans la suite, des circonstances naturelles d'ajouter quelque accroissement à sou pouvoir et à son autorité » .
Louis XV promettait de reprendre le payement, un instant suspendu, des subsides, dont le montant s'élevait chaque année à 1,500,000 francs, et «d'appuyer aussi de ses finances
(1) On trouvera à V Appendice le texte intégral de ce document
le succès de la Diète : l'esprit de justice, de discernement et d'économie, dont le comte de Vergennes a constamment donné les preuves les plus sensibles, persuadant au roi que la disposition de cet argent ne peut être confiée à des mains plus éclairées et plus fidèles ».
« Deux factions, disait-on encore, ont concouru presque également à l'avilissement et à la décadence de leur patrie; elles donnent le spectacle de la corruption la plus vénale et la plus honteuse » ; l'ambassadeur « travaillera à rapprocher les esprits, à faire sentir aux deux cabales qu'il est pins que temps qu'on ne connaisse plus les Suédois sous les noms ridicules de Chapeaux et de Bonnets; qu'on y substitue la dénomination naturelle de zélés et vertueux citoyens, et que ce n'est que sous cette condition que le roi désire regarder toujours la Suède comme son ancienne amie et son alliée la plus constante » .
Le comte de Vergennes « n'oubliera rien pour opérer une réconciliation si désirable et que le roi de Suède parait très disposé à faciliter, de son côté, par les attentions qu'il marquera indistinctement aux chefs des deux partis » . Il surveillera les opérations de la future Diète, consultera les intentions de Sa Majesté Suédoise et des amis de la France au sujet de la nomination du maréchal de cette Diète, « mais il les laissera entièrement maîtres du choix sans y influer en rien » .
Enfin, il contribuera à rétablir, entra la Suède et le Danemark, la liaison, « si analogue à leurs avantages » , que la France s'était autrefois efforcée de provoquer « pour maintenir l'équilibre du Nord contre les vues de la Russie et pour mettre un frein à ses projets d'ambition et de despotisme » , rien n'étant plus « à désirer que l'union politique de ces deux cours par suite des liens du sang qui subsistent entre les deux souverains » .
En outre, l'ambassadeur était porteur d'une lettre de créance ainsi conçue :
« Très haut, très excellent et très puissant prince, notre