CHAPITRE PREMIER
A Stockholm, il y avait la plus impérieuse urgence à pourvoir au maintien de l'ordre et de la sécurité publique. Dans ce but, les sénateurs, siégeant en permanence, prescrivirent la fermeture des portes de la ville, refusant la délivrance de chevaux de poste, même aux courriers des ambassadeurs. Pendant ce temps, ils hâtaient la reconnaissance du roi par les corps et autorités de la capitale ; et, comme tout changement de règne entraînait la convocation de la Dicte, le Sénat, pour prévenir et calmer les mouvements des esprits, trop faciles à présager, lit annoncer, sans plus tarder, la réunion de cette Diète, mais en prenant la précaution d'en fixer l'ouverture à une date aussi lointaine que le permettait la loi, soit au 13 juin de l'année courante (I).
(1) Nous trouvons, dans la Gazette de France du 25 mars 1771, le texte du rescrit adressé, au nom du roi, aux États, pour la convocation de la Diète : en voici la traduction.
« Nous, Gustave, par la grâce de Dieu, roi de Suède, des Gotlis et des Vandales, etc., héritier de Norvège, duc de Sles\vig-Holstein,etc, à nos amés et très fidèles sujets les États du royaume, les Comtes, les Barons, les Evèques, la Noblesse, le Clergé, les Officiers militaires, les Bourgeois des villes et Paysans qui ont des possessions dans les limites du royaume de Suède et du grand duché de Finlande, salut, faveur et affection particulière.
.1 D'après les lettres que nous avons expédiées pour toutes les parties du Royaume, nos Gouverneurs de province et autres Officiers vous auront sans doute appris comment, par la disposition de la Providence, une mort inopinée, mais en même temps tranquille, en terminant, à notre grand regret, les jours de notre très aimé et honoré Seigneur, père et prédécesseur, le très puissant Roi Adolphe-Frédéric, de glorieuse mémoire, l'a délivré des soins qui accompagnent la Boyauté. Les preuves que vous avez données, non seulement de votre zèle et de votre fidélité, mais encore de votre vénération et de votre amour pour l'auguste personne de Sa Majesté et pour toute sa Famille royale, ne nous permettent pas de douter, dans cette triste circonstance, que la perte d'un roi si généralement aimé, dont le cœur paternel veillait également au bonheur de ses sujets en général et à celui de sa famille en particulier, ne vous touche pas de la manière la plus sensible.
« C'est un grand| soulagement à la douleur dont nous sommes pénétrés, que d'être convaincus que vous y prenez une part sincère. Notre tendresse pour tout ce qui vous regarde nous fait sentir de quel poids sera pour vous une nouvelle assemblée des États, assemblée d'autant plus inattendue qu'on avait fait toutes les dispositions pour qu'elle n'eût pas lieu avant le temps déterminé par vous-mêmes. Ces dispositions ne pouvaient éprouver de changement, pendant le calme de la paix, que par le malheur qui cause notre douleur et la vôtre. Du reste, le premier soin, que nous avons à cœur et dont nous croyons devoir nous occuper d'abord comme successeur au trône, est de vous
Les jours suivants, unpeu revenus de leur première émotion, les partis politiques en présence cherchèrent à reconnaître leur position respective et à se rendre compte des modifications qu'avait pu y apporter la mort du roi.
La cour perdait, en la personne d'Adolphe-Frédéric, un drapeau respectable et encore respecté, plutôt qu'un chef résolu et un guide habile et sûr.
En majorité dans le Sénat, c'est-à-dire dans le gouverne-
donner à vous-mêmes une assurance ultérieure de notre tendre attention pour vos libertés et vos droits, et en général pour le maintien inviolable des lois devoir que nous nous sommes imposé aux yeux do l'Être suprême nui voit le fond des cœurs, que nous voulons confirmer et sceller en votre présence et auquel nous sommes résolus de tout sacrifier à présent et à l'avenir.
«Ce n'est donc pas notre désir seul, mais votre propre droit qui ex.Vc l'assemblée des Etat, et qui nous porte à vous convoquer par ces Présentes avec le conseil de notre Sénat, vous, nos fidèles Sujets des États de Suède' et à demander que vous vous rendiez ici dans notre résidence de Stockholm le 13 de juin prochain, à une diète générale pour nous soutenir et nous aider de vos sages avis dans les affaires qui pourront survenir.
■ C'est dan. ces avis et dans votre prompte obéissance que nous reconnaissons votre zèle désintéressé pour le bien du Royaume, zèle qui a fait de tout temps I honneur et l'ornement des vrais Patriotes suédois. Aussi notre soin le plus pressant est et sera toujours de vous donner, en toute occasion, aussi longtemps que durera le règne que nous venons de commencer au nom de Dieu des témoignages certains de la résolution con.tante que nous avons nse de le fonder, ce règne, sur la clémence et la justice, et dé sacrifier avec plais.r notre vie pour votre conservation: bien persuadés que votre confiance
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ux Nous implorons, pour cet effet, tant pour nous que pour vous, la Lace et la bénédiction du Tout-Puissant. S
Ftà',s N d7ro' OUS C ° U T nnd0nS e " mê "' e ««»P». Par ces Présentes, à vous tous, Etat, du royaume, de comparaître au jour susdit dans cette résidence et vou ons que les Etats qui, suivant l'usage, envoient des Députés le Lscn con
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