‹ Le comte de VergennesChapitre 9 sur 237 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

obtenir l'autorisation du Sénat et de la Diète. Or, de ce côté, la défiance semblait extrême. On dut négocier pendant près de deux années. Enfin, le consentement nécessaire ayanl été accordé, les deux fils du roi avaient pu se mettre en route le S novembre 1770.

L'aîné, Gustave, avait déjà attiré l'attention des cours de l'Europe. On savait que, malgré sa jeunesse, il s'était mêlé aux affaires de son pays, au relèvement duquel il aspirait de toutes ses forces.

Né à Stockholm, le 24 janvier 1746, il venait à peine d'atteindre sa vingt-cinquième année.

Dès le premier âge, il avait été confié aux soins de la comtesse de Strômfelt, de la noble famille Wrangel, femme de haute valeur et d'un caractère enclin à la sévérité. Celle-ci étant morte en 1751, les États s'arrogèrent le droit de diriger l'éducation de l'héritier du trône : c'était subordonner cette éducation à toutes les vicissitudes de la politique. Le premier gouverneur, ainsi nommé, fut le comte Tessin, homme aimable et distingué qui, de 1739 à 1742, avait représenté la Suède en France et y avait laissé une réputation méritée de courtisan émérite et d'artiste éclairé, vrai » Lucullus suédois " , au dire du marquis d'Argcnson, passé maître en tous les genres d'élégance; il deviendra le Mécène des arts de sa patrie et le président autorisé de son Académie des sciences et belles-lettres.

A côté de lui se trouvait, en qualité de précepteur, Olaus Dalin, également versé dans la science de la médecine et du droit, auteur apprécié d'une histoire du royaume de Suède, mais surtout connu et redouté par ses poésies fugitives, fables, chansons, satires, ne ménageant personne et particulièrement incisives à l'égard de la noblesse et du clergé.

Le comte Tessin fut, paraît-il, un instituteur assez médiocre, plein de bonne volonté à coup sûr; mais, en voulant trop embrasser, il ne réussit qu'à dégoûter du travail son roval élève. Il avait imaginé un procédé assez étrange pour faire comprendre à sa jeune intelligence le rôle, dans l'État,

de chacun des ordres de la nation. Les comparant aux quatre éléments, « la noblesse, enseignait-il, est le feu, par son ardeur guerrière; le clergé Veau, par la tranquillité de sa mission et par son devoir qui lui prescrit de modérer la violence des passions; la bourgeoisie Y air, par son industrie à étendre son commerce vers tous les climats du monde; et les paysans sont la terre, par l'attachement qu'ils ont à' la culture » .

Si le prince royal manquait d'assiduité, il était remarquablement doué. On rapporte de lui une repart.e à peine croyable chez un enfant de trois ans. Un général, frappé de la vivacité de son esprit, ayant présagé devant lui « qu'il fera.t revoir un jour Gustave-Adolphe à la Suède » , le petit Gustave répondit : « En croyant me flatter, vous pourriez bien dire vrai. „ Un autre trait, postérieur de quelques années, a été aussi conservé. Le comte Tessin avait demandé à son eleve quels étaient, parmi les Romains, jusqu'à la première guerre punique, ceux qui lui paraissaient être les plus grands hommes; Gustave cita entre autres les noms de Coriolan de Camille et d'Appius Claudius. Puis, jugeant ses héros préfères : . Conolan, ajouta-t-.l, tout grand qu'il fut, l'aurait ete bien davantage encore si son orgueil ne l'eût é.aré au point de le porter à se venger de sa patrie. Camille sut plus généreusement oublier ses griefs et voler au secours de

uhTiir;f ' T' la VU , ^ danger ° Uant à A PP- Claut foula l T 10 " S ' arr ° 8er lG P-voir souverain

en foulant aux pieds les lois : il courut ainsi à sa perte J en conclus qu'une ambition démesurée fait toujours t malheur de celui qui s'y livre (1). „ J *

Au bout de cinq années, la majorité du Sénat étant animée * autres vues, le comte Tessin et Olaus Da.in furent uisgra!

lée. si elles Jémanaien pas d'û 7 T' mériteraient » Pe«e d'être signa-

le la vie au jeune ^LZ prouvlT ^ ™' ." " ^ le P»" S-e ^ lettre qui les J a , lent >%P™™ ^ point celui-ci les avait oubliées.

'« "Seine* alten Manne, Bref!] F/>/~ **•'*"*'•* He >>™ A »«»or-

Page 1