‹ Le Comte Guillaume de Portes, 1750-1823Chapitre 13 sur 45 · ETAT POLITIQUE DE LA HOLLANDE · texte numérisé non relu

ETAT POLITIQUE DE LA HOLLANDE

Sans aucun motif valable, l'Empereur revendiquait la possession de cette ville. Les Hollandais qui avaient déjà forcé Joseph à abandonner ses prétentions sur TEscaut étaient décidés à repousser une fois de plus sa nouvelle réclamation. La France se disposait à intervenir en faveur des Pays-Bas, et l'on prévoyait une guerre. A cette occasion M™^ de Portes s'adressa à M™'' Necker pour la prier de recommander ses fils au comte de Maillebois, officier français au service des Provinces-Unies, qui commandait une légion étrangère engagée par les Etats généraux. M""® Necker ne put donner suite au désir de son amie. « Notre recommandation, dit-elle, serait un tort plus qu'un avantage; des affaires dérangées l'ont obligé d'avoir recours souvent à la Finance ; il a toujours trouvé M. Necker sur son passage comme un mur d'airain qu'il n'a pu franchir, et il lui en a su mauvais gré. Ceci entre nous, je vous prie ; mais à notre retour à Paris, je saurai quels sont ses aides de camp, et j'espère pouvoir procurer quelques lettres utiles à Messieurs vos fils, quoique je sois bien sûre que leur rare mérite n'a pas besoin de cet accessoire ; au reste, selon toutes les notions que nous pouvons avoir, cette guerre pourrait bien n'être qu'un projet, et nous ne croyons pas qu'elle s'effectue, c'est bien le vœu de nos cœurs. ))

En effet, la guerre n'eut pas lieu. L'Empereur

renonça à ses prétentions contre une indemnité de dix millions de florins, dont la moitié fut payée par la France. A la suite de cette solution, le gouvernement français conclut un traité avec les Pays-Bas le 22 octobre 1785. Les deux nations formèrent une alliance défensive. La France s'engagea à fournir à son alliée, au cas où cette dernière serait attaquée, dix mille fantassins et deux mille cavaliers. L'union entre ces deux pays procura aux Patriotes hollandais une bonne avance sur leurs adversaires, et la politique anglaise, qui cherchait par tous les moyens à brouiller les Provinces-Unies avec là France, subit à ce momentlà un échec. Quant à l'Empereur, son prestige n'en fut pas augmenté, et sa conduite justifia Fimpertinente prédiction du grand Frédéric qui avait déclaré, quelques mois auparavant, au ministre de Hollande : « Je vois déjà comment finira toute cette affaire ; vous donnerez un pourboire à l'Empereur, et il ne sera plus question de rien^ »

Le régiment de Saxe-Gotha continuait donc à se transporter d'une garnison à Tautre. Celles qu'on lui assignait n'étaient nullement les meilleures et son chef, le colonel van der Borch, n'en dissimulait pas son mécontentement.

Le succès de la politique française n'avait point apaisé les esprits. De fréquentes émeutes, provo-

' Voir de Witt, Une invasion prussienne oi Hollande, p. 23 et 4'.).

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