I:TAT POLÏTfQUE DE LA HOLLANDE
qiléos souvent par les Orangistes, fomentaient la discorde et donnaient aux deux partis des couleurs tranchantes.
Ce conflit mettait dans une situation embarrassante les officiers qui, ainsi que le comte de Portes, étaient à la fois au service de la province de Hollande et du Statliouder. Choisir l'un des partis, c'était se faire conspuer par l'autre, c'était tomber de Charybde en Scylla. Tergiverser, attendre les événements pour se rattacher ensuite au plus fort des deux adversaires : de Portes eût répudié cette manière d'agir. D'ailleurs, son opinion était faite ; ses traditions de famille, son éducation, son caractère l'avaient préparé à résoudre les questions avec impartialité. Les revendications des Patriotes lui parurent équitables et il prit fait (*t cause pour eux. Toutefois, avant de se déclarer, il se rendit en Suisse afin d'entretenir sa famille de ses préoccupations et de consulter son oncle, le général, qui, par sa sollicitude, lui tenait lieu de père.
En Hollande, l'effervescence était grande. Un ol'licier, M. de Quodt, écrivait à son camarade de Portes : (f Le feu m'aiiinK* lorsque je pense à ces affaires, la tète me toui'ne. et le sang bouillonne dans mes veines ^ »
De son côté, le capitaine de Senarclens lui décrivait ainsi la situation :
' Lettre de 1787.
(( Les divisions de ce pays augmentent, les troupes qui en sont les victimes resteront apparemment encore longtemps dans leur triste position ; une chaumière avec des gens bien difficiles à vivre, voilà l'habitation de tout ce qui sert notre province. Il paraît que toute négociation entre le prince et la province est rompue ; Ton s'obstine pourtant à croire que le Stathouder, quoique bas dans ce moment, a beaucoup de chance pour lui. La dissension augmentant partout, on ne rendra la paix à cette République qu'en lui restituant son autorité. Bigot, son écuyer et son mauvais conseiller, est mort ; oubliez bien dans notre bon pays toutes ces querelles domestiques, il ne sera que trop tôt d'y penser en revenant ici, ce dont je me fais une bien grande fête... )>
D'autre part, le colonel van der Borch, auquel de Portes avait demandé une prolongation de congé, lui répondait en ces termes :
« Quant à vous, mon cher comte, je vous conseille de rester tranquillement où vous êtes. Les malheureuses convulsions, que la République essuie dans ce moment, ne sont pas de nature à pouvoir y acquérir des lauriers. Notre pauvre régiment, toujours persécuté, devait marcher encore pour Hulst et Axel ; tout était prêt à partir, lorsque la province de Hollande trouva bon d'arrêter la marche, et de nous faire venir dans la Province oii nous sommes cantonnés actuellement