‹ Le Comte Guillaume de Portes, 1750-1823Chapitre 19 sur 45 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

[A CAMPAGNE DE HOLLANDE (suite) LE COMBAT DAMSTELVEEN

Devenu chef indépendant, le colonel de Portes rassembla autour de lui toutes les troupes qu'il put trouver et les mena près du village d'Amstelveen sur Faile droite de la ligne de défense. D'après la feuille de solde détaillée qu'il expédia à Amsterdam, il avait sous ses ordres deux officiers d'état-major, sept capitaines, ving-quatre officiers subalternes et trois cent cinquante-cinq sous-officiers et soldats. Dans ce nombre figuraient pele-mèle des cuirassiers, des hussards, des chasseurs, des carabiniers, des hommes de la brigade de Gueldre, des recrues du régiment de Salm, enfin quarante-huit canonniers, tous bourgeois auxiliaires.

On comprend les difficultés que devait j'encontrer le commandement d'une troupe aussi bigarrée, dont le moral était déprimé par une retraite désordonnée devant un ennemi dix fois supérieur. Malgré ces obstacles, le colonel de Portes se mit à

l'œuvre avec intrépidité et fortifia le poste d'Amstelveen de manière à le rendre imprenable. Il pratiqua des coupures, entassa des abatis devant son front et construisit une solide batterie sur l'emplacement principal où furent postés les canons. De cette manière, son artillerie commandait la seule voie par laquelle les ennemis pouvaient l'attaquer de pied ferme, une chaussée bordée d'arbres et flanquée de grands marais. Le point faible de sa position se trouvait sur le liane droit. De ce côté-là, les Prussiens pouvaient utiliser la mer d'Harlem pour contourner la position et l'attaquer de revers. S'ils parvenaient à exécuter cette manœuvre, de Portes risquait d'être pris entre deux feux. Il signala ce danger à la Commission de défense et demanda des batteries flottantes pour les opposer au débarquement de l'ennemi. Mais ses instances, si vives furentelles, se heurtèrent à l'inertie et h la mauvaise volonté de magistrats qui pensaient plutôt à sauver leur situation personnelle par des négociations entamées tardivement avec le parti orangiste qu'à racheter la liberté de leur cité au prix d'une vaillante défense.

Livré à ses propres ressources, le colonel de Portes prit du moins quelques mesures essentielles pour paralyser une attaque de flanc. Il détacha une partie de son contingent sur la route qui relie directement Amstelveen à Amsterdam et lui fit

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