‹ Le Comte Guillaume de Portes, 1750-1823Chapitre 23 sur 45 · IL QUITTE LA HOLLANDE 1G · texte numérisé non relu

IL QUITTE LA HOLLANDE 1G

faveur qui puisse tlatter ton ambition, ni la satisfaire d'une manière réelle, rien qui puisse t'altaclier d'une manière particulière à un pays où ii n'y a plus d'agrément à espérer, du moins pour le temps qui nous reste à vivre. Si les relations d'une femme que j'aime tendrement ne me retenaient ici, crois-moi, mon ami, je ne balancerais pas à suivre le parli que tu prends; je chercherais le bonheur dans une vie paisible, et, fut-ce au bout du monde, j'irais t'y trouver. La privation qui résulte pour moi de ton éloignement est réelle, et je n'y songe qu'avec amertume. Dans le cours d'une vie entière il est rare de trouver un vrai ami. 11 est dur lorsqu'on a connu cet avantage inestimable d'en devoir vivre séparé.

« Je t'embrasse en idée avec toute la vivacité et la tendresse dont je suis susceptible et suis pour la vie tout à toi.

« G. Stegelmann. »

Lf baron de Senarclens au comte de Porics,

« Iselstein, le -*T octobre 17S7.

« Mon très cher ami,

« Que d'inquiétude et de crainte m'ont causé tous vos dangers et chagrins, mon cher de Portes, et c'est avec une joie extrême que j'ai reçu votre

lettre m'en annonçant la fin. Ne me sachez pas mauvais gré des conseils dictés parl'amitié; j'avoue volontiers que vous avez très bien fait de ne pas les suivre, mais j'étais inquiet que vous ne poussassiez trop loin l'intrépidité, ne fissiez plus que votre devoir, ce qui est bien arrivé, et ne fussiez malheureusement la victime des gens qui ont tort parce qu'ils ne vous ont pas imité. Rien de plus llatleur que tous les éloges qu'on vous accorde, et plus que jamais je sollicite votre amitié, vous prie de me regarder comme votre cherSenarclens, et de disposer dans tous les temps du meilleur de vos amis qui veut toujours l'être; appelés, j'espère, à vivre fréquemment ensemble en Suisse, nous y oublierons facilement les désagréments éprouvés dans ce pays.

(( J'ai infiniment de regret d'être ainsi à l'attache et de ne pouvoir me faire le très grand plaisir de vous aller embrasser. Ne pour riez-vous pas me donner quelque moment ? Ce serait une bien bonne action. J'ai vu Stegulmann qui s'est entretenu longuement avec moi du désir de vous être bon à quelque chose. Si nous n'y réussissons pas quant à vos effets restés à Utrecht, c'est parce qu'ils sont arrêtés; supposez, mon cher ami, qu'il y eût quelque demande ou autre chose à faire, ce serait une offense que de vous servir de quelqu'autre que moi. Je suis votre débiteur de fort bons procédés. Pour tout cela je ne vois d'autre possibilité que

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