‹ Le Comte Guillaume de Portes, 1750-1823Chapitre 29 sur 45 · RESULTAT D1-: SA MISSION · texte numérisé non relu

RESULTAT D1-: SA MISSION

leur permettaient d'attendre, ainsi que l'affirme, après une entrevue avec le secrétaire d'Etat d'Hauterive, M. Saladin Egerton qui occupait à Paris une position importante, MM. de Portes et Kirchberguer se rendirent à Fribourg, auprès du Landaman d'AtTry. Ils lui remirent les lettres du ministre des afTaires étrangères et du général Rapp, et lui adressèrent un rapport de leur mission ^

Dès lors, la Diète prit en main leur cause. Elle eut maille à partir avec le gouvernement de Vaud qui lui refusait la compétence de se mêler de ses affaires. Enfin, au Congrès de Vienne, la question fut définitivement tranchée, d'une manière satisfaisante pour les Bernois, qui reçurent une indemnité fixe de 300 000 francs, moins équitable pour les Vaudois, qu'on mit à la discrétion de leur gouvernement. Celui-ci ne s'acquitta qu'avec réticence de sa dette envers ses propres ressortissants, et finit par leur accorder une indemnité bien inférieure à celle que le Congrès de Vienne avait adjugée aux citoyens de Berne.

Le colonel de Mestral-Saint-Saphorin aurait désiré que son ami reprît en mains les intérêts des propriétaires Vaudois, mais, cette fois-ci, de Portes ne trouva pas bon d'entrer en lice une seconde fois et refusa de se mettre en avant.

Deux ans après, Henri Monod lit paraître ses

' Voyez le document !I à TAppendice.

Mémoires, c'est-à-dire une apologie de la Révolution vaudoise. Il y accusa, sans nommer personne, les délégués des propriétaires de lods d'avoir voulu fomenter des troubles dans leur pays en invoquant l'intervention d'une puissance étrangère pour servir des intérêts égoïstes et mesquins. De Portes, qui avait agi dans celte affaire avec toute la loyauté et le désintéressement d'un homme de cœur, se sentit blessé au vif par une insinuation aussi fausse que malveillante. Il en résulta une correspondance assez vive entre lui et Monod. Ces lettres furent publiées en 1805, et le lecteur qui désirerait pénétrer plus avant dans cette question les trouvera réimprimées à la fin de ce volume ^

Un siècle sera bientôt écoulé depuis les événements qui ont donné lieu à la polémique entre MM. de Portes et Monod. Le moment est venu de juger cet épisode.

Tout en reconnaissant les qualités qui distinguent Henri Monod comme écrivain, philosophe et homme d'Etat, nous ne pouvons refuser au comte de Portes notre sympathie dans la lutte qu'il entreprît contre un système heurtant violemment son idée de justice. Ainsi que nous l'avons dit, il appartenait au xvin^ siècle et jugeait la Révolution en homme de l'ancien régime. Maintenant que les passions déchaînées à l'époque révolution-

^ Voyez le document III à l'Appendice.

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naire sont apaisées, nous croyons pouvoir extraire ces documents des vieilles paperasses où elles dormaient, et apporter ainsi notre tribut d'estime à celui dont Tattitude fut celle d'un chevalier sans peur et sans reproche.

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