LA QUESTION VAUDOISE ET M"^^ DE STAËL
En 1802, le comte de Portes eut la douleur de perdre sa mère. Nos lecteurs ont appris à connaître cette figure attachante qui fut la providence des siens. Sa vie était intimement mêlée à celle de ses enfants, pour le bonheur desquels elle ne négligeait aucun effort. Aussi, le vide qu'elle laissa fut-il iinmense. Avec elle, semblait s'éteindre ce foyer si chaud vers lequel s'envolait sans cesse la pensée de ses fils absents.
Du volumineux dossier de lettres de condoléances adressées à de Portes, nous donnons ici quelques passages qui font sentir la place occupée par M"'^ de Crassier dans le cœur de ses amis.
Monsieur Se Jmiittîneyer au comte de Portes^.
« Genève, 27 mars 1802.
(( Monsieur,
(( Permettez-moi de vous offrir l'assurance de la part bien sincère que ma famille et moi prenons à la perte que vous venez de faire.
« Nous partageons, avec tous ceux qui avaient l'honneur de connaître M™*' de Crassier, les sentiments de respect et de vénération qu'inspiraient ses qualités et ses vertus, et ce que nous éprouvons nous fait sentir l'étendue de la douleur d'une famille dont elle faisait la gloire et le bonheur depuis tant d'années.
(( Vous avez tout fait, Monsieur, pour celui de cette femme respectable, et vous vous rappellerez avec douceur qu'elle a été aussi heureuse qu'elle pouvait l'espérer.
(( La supériorité de son caractère et sa haute piété lui ont fait supporter avec courage les peines de la vie, comme sa tendresse et son esprit judicieux lui en ont fait apprécier les douceurs.
« Puissiez-vous, Monsieur, ne pas éprouver de longtemps de malheur de ce genre, et trouver
^ M. Schmittmeyer, qui appartenait à une famille de l'aristocratie genevoise, était parent de la famille de Portes par M-"» de Pelissary.