SES PREMIERES ARMES
« J'offre mes honneurs à M"'' Gotlion \ je vous prie, Madame, d'agréer les respects de ma chère mère ; daignez me conserver votre bienveillance. Je crois de la mériter un peu par lamitié tendre et le profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,
« Madame, votre très humble et très obéissante servante.
« S. CURCHOD. ))
Préparc ainsi à sa carrière par de sérieuses études, Guillaume entra à l'âge de treize ans au régiment de son oncle, le général de Budé-Montfort, en qualité d'enseigne et ne tarda pas à y faire valoir ses talents-. Nous manquons de renseignements détaillés sur les débuts de sa vie militaire. Mais ce que nous savons du général nous porte à croire que Guillaume fut chez lui à bonne école. Le général de Monfort unissait à un esprit actif une franche gaieté. D'un caractère affable, il aimait à se réjouir en compagnie de ses jeunes camarades^ et lorsque plus tard Louis de
* MH8 Marguerite de Portes.
■ Le gênerai de Budé-Montfort, descendant du célèbre humaniste et fondateur du Collège de France Guillaume Budé, avait parcouru une brillante carrière militaire au service de Sardaigne. Né eu 1715, il prit part aux campagnes d'Italie de 1742 à 1748 et fut nommé général d'infanterie en 1771.
(Nous devons ces renseignements à Tamabilité de M. Eugène de Budé qui a bien voulu nous ouvrir ses belles archives de Saconnex, et que nous prions d'accepter ici nos plus vifs remerciements.)
Portes félicite son frère aîné de son avancement obtenu en France à la suite de son héroïque défense d'Amstelveen, il évoque le souvenir « du cher oncle de Monfort qui dirait : voilà le tu autin ^ et ferait verser des rasades de picaret' ». Les dernières volontés du général de Montfort adressées à son neveu de Budé-de Boisy nous dévoilent une rare humilité jointe à la fermeté d'un homme qui ne craint pas de sortir des voies ordinaires. Cette pièce nous paraît mériter Tattentionde nos lecteurs, car elle emprunte un intérêt spécial à la proche parente et aux étroites relations qui unissaient son auteur à la famille de Portes.
^4. mon neccu de Boisy, quil ne doit ouvrir qti après mon décès.
a Genève, le 13 février 1776.
« Gomme mon intention, mon cher neveu de Boisy, est de sortir de ce monde simplement et sans faste, je vous prie et je veux que vous me fassiez ensevelir de la manière suivante :
« Vous ne ferez point prier par la ville comme l'on a accoutumé de le faire, pour faire honneur à mon ensevelissement, ne voulant incommoder
^ Tu autem, terme qui signifie le poiîit esseiitieL Cette façon de parler est prise des leçons du bréviaire qui finissent par : Tu autem Doynine, miserere milii.
' Lettre datée du 1!> mai 4788. à Tholen (Zeelande).