SES PREMIERES ARMES
personne. Vous prierez Monsieur le directeur de l'Hôpital de vous fournir huit à dix hommes de ceux qui sont accoutumés à ensevelir les pauvres de l'Hôpital. Pour me porter, qu'ils soient hahillés comme ils sont accoutumés de Tetre, auxquels vous ferez donner deux écus à chacun, deux petits pauvres aussi avec leurs hahillements ordinaires pour porter les escahelles, à qui vous donnerez un écu à chacun. Vous demanderez aussi dix petits pauvres qui suivront ma bière pour me tenir lieu de parents n'en voulant point d'autres qu'eux avec leurs habits ordinaires ; vous leur ferez donner un écu à chacun. Sur ma bière, vous n'y ferez point mettre de drap noir. Vous me ferez ensevelir le plus matin qu'il sera possible.
« Vous me ferez faire une fosse au cimetière de Pleinpalais dans le môme endroit que l'on ensevelit les pauvres de FHôpital, n'étant pas plus qu'eux, par les mêmes hommes qui le font pour les pauvres de l'Hôpital, que vous payerez grassement.
« Les linges que vous donnerez aux hommes qui me porteront seront pour eux.
« Mon convoi funèbre se congédiera au cimetière après qu'ils m'auront mis dans la fosse.
« S'il y avait quelque difhculté, ou que ce fût un droit pour les sergents de la garnison de devoir porter ensevelir, vous les paierez comme s'ils m'avaient portés ; de même pour les gens qui four-
nissent les manteaux et le drap pour la bière, vous les paierez s'ils étaient en droit de le prétendre comme s'ils les avaient fournis.
c( Il ne me reste, mon cher neveu, que de vous prier d'exécuter ma dernière volonté, en faisant des vœux pour votre conservation et celle de votre famille, vous recommandant d'élever vos enfants dans la crainte du Seigneur, avec beaucoup de modestie, si vous voulez qu'ils soient agréables h Dieu et aux hommes, vous disant un éternel adieu.