LR MARIAGE DE SON FRÈRE
quelque consolation dans tous ceux qui vous sont chers.
c( J'ai l'honneur d'être, etc.
Les fils deM'"*^ de Portes qui, jusqu'alors, avaient trouve en elle un centre de famille, sentirent la solitude envahir le Bois d'Ely et éprouvèrent, l'un et l'autre, le besoin de fonder un foyer. Un an après cette date funèbre, Louis épousa M^'"' Elisabeth Grenus, fille de M. Grenus, ancien syndic de la République de Genève, et de dame Claire Revilliod, et s'établit au château de Begnins. Son frère Guillaume, que sa famille aurait désiré voir s'établir depuis longtemps, et auquel plusieurs partis avaient été proposés dès sa vingt-septième année, fut le dernier à se marier.
De tout temps, il avait cultivé des relations étroites avec la famille Necker. Ainsi que nous l'avons vu, M"^'' Huber, en séjour chez le ministre Necker à Paris, l'appréciait, et se faisait auprès de M""" Necker l'interprète de l'opinion favorable qu'on avait de lui à Genève. Lorsqu'après la mort de M"'° Necker (1794), l'ancien ministre vint se retirer à Coppet, les liens d'amitié se resserrèrent de plus en plus.
Le passage d'une lettre où M. Necker annonce la mort de son gendre, mérite d'être reproduit ici, en raison des renseignements sommaires que Ton possède sur la fin de M. de Staël. Une mésin-
tclligencc s'étant produite entre lui et sa femme, M. de Staël s'était retiré en Suède, oii il tomba gravement malade. Les mauvaises nouvelles de sa santé attendrirent à tel point sa femme, qu'elle lui pardonna ses torts et le rappela à Goppet. Voici en quels termes M. Necker communiqua à ses voisins de Crassier la mort de son gendre :
« Coppet, 1802.
«... Nous venons d'avoir un grand chagrin par la mort subite de Gh. de Staël, à Poligny, frappé d'une nouvelle attaque d'apoplexie plus terrible que les précédentes, et une circonstance m'a beaucoup touché, c'est que ce voyage l'avait assez ranimé pour lui donner beaucoup de plaisir du repos et des soins qu'il allait trouver à Goppet. Sa mort a été douce. 11 s'est endormi paisiblement, la nuit du samedi au dimanche, et son domestique, un ancien valet de chambre couché près de lui, ne l'a entendu ni remuer ni se plaindre, et le matin il l'a trouvé sans vie. Ma hlle a été fort ébranlée, mais un repos suivi lui a fait du bien. Elle désire beaucoup, ainsi que moi, que vous puissiez venir dîner avec M. d'Hauteville...
(( Agréez, je vous prie, mes tendres compliments. »
La proximité de Goppet permettait aux de Portes