‹ Le Comte Guillaume de Portes, 1750-1823Chapitre 38 sur 45 · BRUSQUE DÉNOUEMENT · texte numérisé non relu

BRUSQUE DÉNOUEMENT

L'heure était avancée quand les survivants du sinistre rentrèrent en ville où M""® de Portes, retenue chez elle, les attendait dans une angoisse mortelle. Elle accourt à leur rencontre, M™" d'Eclépens, sa helle-sœur, s'avance et lui dit avec calme : (( Rendez grâce à Dieu, ma sœur, voici vos enfants. »

Ces mots firent comprendre à M"''' de Portes la vérité. Le coup fut terrible, mais elle le supporta en vraie chrétienne, et trouva quelque adoucissement à son épreuve en se consacrant à ses filles.

Cette fin inattendue, causée par le dévouement chevaleresque, dont le comte de Portes avait fait preuve tant de fois dans sa vie, anéantit d'un trait le bonheur d'une famille unie à son chef par des liens étroits et tendres. La victime était toutefois prête à quitter cette terre ; on raconte qu'au moment de partir pour le Salève, M. de Portes tardait à paraître. Les siens, impatients de se mettre en route, envoyèrent à sa recherche une servante qui le trouva dans sa chambre, agenouillé et se recueillant devant Dieu.

Sa sépulture fut élevée dans le parc du Bois d'Ely, à l'ombre du chêne séculaire qu'il aimait. M""^ de Portes s'y rendait journellement avec ses filles ; après avoir prié et lu un passage de la Bible, elle évoquait le souvenir de celui qui n'était plus.

De nombreuses années se sont écoulées depuis

lors ; aujourd'hui le calme règne sur cette tombe et enveloppe de sérénité le souvenir du défunt, digne représentant d'une race de soldats qui a toujours eu pour devise le culte de l'honneur et l'amour du devoir.

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