PREFACE XVI I
grand temps pour elle de revenir au régime normal et de renoncer à un jeu qui devient mortel. L'autorité ! l'autorité ! c'est le vœu et le cri universels ; il nous la faut pour que le présent nous donne la garantie de l'avenir ; il nous la faut pour la paix sociale ; il nous la faut pour le bon renom et la bonne tenue de la France devant l'Europe ; il nous la fau pour tout ce que la royauté nous rapportera avec elle, pour la liberté autant que pour tout le reste. Car il n'y a que le roi qui puisse fixer en France la liberté honnête et régulière, celle qui décourage les méchants en rassurant les bons, celle qui protège contre tout arbitraire la personne et la fortune des citoyens, les droits de la famille et la dignité du caractère. Pourquoi ? parce qu'en dehors du droit national dont il est le représentant héréditaire, il n'y a, encore une fois, que la force matérielle, c'est-à-dire l'oppression. Pourquoi? parce que s'il n'y a pas, au centre des institutions politiques, un principe placé en dehors et au-dessus du débat, l'état de siège perpétuel est la seule sauvegarde contre d'incessantes révolutions. Pourquoi ? parce que là où l'autorité fait défaut, il faut museler la liberté sous peine de déchaîner l'anarchie. Pourquoi enfin ? parce que, seule, la royauté peut et veut donner à la religion l'indépendance dont elle a besoin pour former par l'éducation des âmes disciplinées, vaillantes et fières qui soient dignes de la liberté.
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Enfin, — et ceci est décisif pour ceux-mêmes qui se refusent à nous suivre sur le terrain des principes et font consister la sagesse politique à ne regarder que les faits, — enfin la royauté est nécessaire parce que, le terrain étant déblayé de toutes les demi-solutions intermédiaires, c'est à choisir entre elle et la République. Puisque, désormais, elles sont toutes deux seules en présence, il est visible que quiconque ne prend pas résolument parti pour la Royauté se résigne à la République. Or la République, c'est la mort. Encore que la preuve en soit depuis longtemps faite, la République vient, cette année, d'en donner une démonstration qui rend toutes les autres superflues. Assurée enfin de la docilité de tout son organisme législatif et exécutif, libre enfin de toucher le but vers lequel elle n'a cessé de naviguer, elle a officiellement introduit l'athéisme dans l'éducation populaire, et c'est bien une France athée qu'elle prépare. Après cela tout débat est inutile ; sous peine d'une inconséquence doublement impie envers Dieu et envers la patrie, quiconque ne veut pas que la France périsse par la République athée est tenu de souhaiter qu'elle revive par la Royauté chrétienne.
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J'ajoute que tous ceux de nous qui voient ces vérités avec évidence ont le devoir étroit de les faire voir au pays tout entier, à tous les groupes sociaux, à la ferme, à l'usine, à l'échoppe, le devoir de travailler patiemment et fortement à rétablir la lumière de la vérité partout où de détestables pré* jugés l'ont éteinte.
La Révolution ne vit que de deux mensonges, le mensonge de ses promesses et le mensonge de ses calomnies.
Le premier est désormais percé à jour. La caisse de la Révolution, toute composée de valeurs fictives, a été trouvée vide au jour de l'échéance. Elle avait dit au peuple : Donne-moi ton âme, et je te donnerai la satisfaction de tous tes désirs ; donne» moi le pouvoir, et tu recevras en échange la liberté, la prospérité matérielle, la paix perpétuelle au dedans et au dehors. Elle n'a su qu'accumuler les ruines, perpétuer les crises, effrayer les intérêts, insulter Dieu, appesantir un joug abominable sur la conscience des pères de famille, condamner la France à l'isolement dans le monde. Mais le peuple de France, confiant parce qu'il est généreux, crédule parce que le niveau de la vérité chrétienne a
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baissé dans son âme, ne supporte pas impunément qu'on le trompe ; s'il se désabuse lentement, il a bientôt fait, quand enfin il y voit clair, de congédier les trompeurs. Et déjà la désillusion commence ; la banqueroute frauduleuse de la Révolution est patente ; et la France, non pas demain, mais aujourd'hui > reviendrait où tout son passé, tous ses besoins, tout son génie la rappellent, si le mensonge des calomnies accumulées contre la royauté ne subsistait encore.
C'est donc à repousser ces calomnies toujours réfutées et toujours renaissantes que nous devons nous atteler, — j'emploierais un autre mot si j'en savais un qui exprimât aussi bien la continuité et la fatigue de cette besogne.
Les unes, travestissant la royauté dans le passé, prennent corps dans d'abominables petits livres qui s'en vont, sous des étiquettes quasi-officielles, pervertir l'âme populaire à l'école. C'est à nous de tout faire pour que l'école où Vinstruction civique sera donnée selon leur esprit, qui est l'esprit même de la loi nouvelle, demeure ou devienne un désert et pour que partout le contrepoison devance ou suive de près le poison.
Les autres, travestissant la royauté dans l'avenir, représentent comme un fantôme à effrayer les gens cette royauté nationale dont elles veulent à tout prix empêcher le retour, et annoncent comme autant de