‹ Le comte Joseph de Maistre: sa vie, ses écrits, ses doctrinesChapitre 11 sur 31 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

vérités certaines mille conséquences affreuses que ce retour ne manquerait pas de produire. Notre rôle à nous, missionnaires de la royauté nationale, témoins et répondants du prince en qui elle se personnifie avec tant de pureté et de grandeur, est de rétablir obstinément la vérité obstinément défigurée, et de porter en toute occasion aux calomniateurs du Roi un double défi auquel le bon sens public finira bien par être attentif : le défi de jeter même une ombre sur son incomparable loyauté, sur cette sincérité absolue grâce à laquelle tout est dit quand il a donné sa parole, — le défi de trouver dans toute sa conduite et dans tous ses écrits une démarche ou une page, un geste ou une ligne qui fournisse à leurs assertions l'ombre d'un prétexte, qui n'en soit pas au contraire le plus éclatant démenti.

Ce sera sans doute un rude travail à cause de l'épaisseur des préjugés et des ignorances à percer. Ce sera une tâche souvent répugnante, comme tout ce qui met les esprits honnêtes en présence des excès de la mauvaise foi et de la sottise. Ce sera surtout l'œuvre d'une longue persévérance qui aura besoin de se retremper sans cesse à ses meilleures sources, à l'espérance chrétienne et patriotique, à la foi dans le triomphe final de la vérité et de la justice. Mais il la faut entreprendre et poursuivre jusqu'au bout si nous voulons faire tout notre devoir. Et, puisque la leçon de l'exemple n'ost

IXn PREfÂCE

jamais meilleure à recueillir que quand il s'agit de cette patiente et difficile vertu, je me persuade qu'on la rencontrera avec quelque fruit dans plusieurs parties de ce livre. Il aura pleinement atteint son but si, en donnant de nouveaux lecteurs à Joseph de Maistre, il suscite beaucoup d'émulateurs de sa vaillante obstination à défendre la bonne cause et à bien espérer de la France.

LiUe.le 13 ayril 1882.

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