VIII PREFACE
doutable phénomène en était encore aux énormes et courtes violences de ses débuts. Par là il a laissé une trace profonde dans la haute science de l'histoire. Par là surtout il a rendu d'avance à notre temps un service de premier ordre, si notre temps veut l'écouter.
Et d'abord, ce qu'on devait, cinquante ans après lui, appeler spirituellement et justement la banqueroute de la Révolution, il l'a prédit, dès l'année 1796, avec une parfaite assurance ; et l'accomplissement périodique de ses prévisions nous autorise à les étendre à tout l'avenir. Avertis par lui quand la grande duperie ne jouait encore que ses premières scènes, avertis par les événements qui n'ont cessé de faire écho à ses paroles, nous nous savons désormais en présence d'une loi de la Révolution. Nous savons qu'à chaque crise nouvelle, ce sera une nouvelle banqueroute, emportant quelque chose de ce que nous avait laissé la précédente. A nous de décider si nous voulons pousser l'expérience jusqu'à la dernière après laquelle il ne restera rien, ou si nous rétablirons nos affaires en renonçant à une spéculation dont les résultats futurs nous sont connus avec autant de certitude que ses résultats passés.
Non seulement il a connu la loi ; il a su et il a dit la raison de la loi. Après l'avoir écouté, il n'est plus permis de soutenir que la banqueroute a tenu