‹ Le comte LucanorChapitre 53 sur 64 · QUAND ON ▲ DE L'HONNEUB^ SANS ART ON EST HABILE · texte numérisé non relu

QUAND ON ▲ DE L'HONNEUB^ SANS ART ON EST HABILE

» l'honneur rend tout chemin plus droit et plus facile.»

Cet exemple a été placé sous le n* xii, par Argote de Molina; le dernier aliiiën i>i*oÙTe qiië é'ëst par erreur^ et qu'il doit occuper le rang qui lui est restitué ici; cette observation confirmée par Tordre de pagination suivi dans les deux MS. de la bibliothèque nationale de Madrid devient un argument de plus en faveur de leur authenticité.

Pour rendre le sens général du récit, j'ai cru devoir modifier l'acception du mot verguenza qui est le mot de l'énigme. La traduction la plus juste de verguenza à l'époque où don Juan Manuel en a fait usage aurait été vergogne. Le mot honneur n'est venu que plus tard, mais assurément, il s*agit de la même chose; l'auteur a voulu désigner ce sentiment pudique et généreux qui était l'âme même de la chevalerie et la seconde religion du moyen-âge; j'aurais pu traduire verguenza par respect de soi^mêmfy je n'ai pas employé cette périphrase, bien qu'elle réponde exactement iiu sens littéral; d'abord, parce que c'est une périphrase; ensuite, parce que j'y ai vu une expression moins complète, et qui ne satisfait pas également à toutes les acceptions offertes par l'apologue.

Quant à Saladin^ le héros de cette histoire galante^ si digne

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d'être racontée en cour d'amour, je ne pourrais que répéter ce que j'en ai dit plus haut (Exwifde XXVI,) Depuis les croisadesy c'était le type de tout ce qu'il y avait de plus menreil* leux au monde, un phénix qui renaissait de siècle en siècle avec quelque beauté nouvelle; l'Orient avait mis sur son compte mille aventures incroyables, et dans nos vieux fabliaux on tenait à honneur de le traiter avec la même libéralité; on avait détrôné Akxandre-le-CIrand pour lui, et i^ partageait l'héritage du conquérant de Babylone avec Arthur, Charlemagne et les plus fameux chevaliers de la Table-Ronde. — Hélas ! pourquoi faut-il que de si belles prouesses appartiennent plus à la poésie qu'à l'histoire !

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