‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 116 sur 232 · UN ART1GI.E DU « TIMES · texte numérisé non relu

UN ART1GI.E DU « TIMES

se passe doucement. Personne même de nous ne suivra cette fois les Bourbons quand ils s'en iront. » 11 voyait, comme candidat possible au trône de France, le Prince d'Orange, qu'il trouvait « une assez bonne idée. »

La Bibliothèque Historique avait publié le 23 avril la traduction d'un article de la Private Correspondance du Times, où il était dit que M. Mole revenait aux libéraux, en rejetant tout ce qu'ils avaient à lui reprocher sur M. de Richelieu. « Je ne doute pas, remarque M. Mole, que l'article ne vienne de Decazes, qui cherche, comme il l'a toujours fait, à me nuire dans tous les partis et surtout dans l'esprit du duc de Richelieu. Louis dit à Greffulhe que je remue ciel et terre contre le ministère. Chose amusante ! «Tandis que je vis tranquille et retiré, dégoûté des affaires que je n'ai jamais aimées, et de la vie que ma santé empoisonne pour moi, les ministres proclament que je suis leur ennemi le plus actif et le plus redoutable et montrent une peur risible de mon savoir-faire. » Une manœuvre d'un autre genre se dessinait. Une attaque concertée entre Bricoigne et Roy fut dirigée contre Louis et son administration financière. Decazes était derrière le rideau, les dirigeant et travaillant à se débarrasser de ce collègue gênant, sans se compromettre. Louis crut que le coup venait de M. Mole et s'en plaignit à AL Greffulhe. Decazes ne fit rien pour démentir ce bruit.

M. Mole n'avait pas seulement à subir les avances des partis politiques, il était aussi l'objet de sollicitations d'un autre genre. Un soir dans un salon, il fut frappé de l'attitude d'une grande dame à son égard. « Elle me pria, dit-il, de ne pas rechercher son amitié, elle eût trouvé à me l'accorder une extrême douceur;

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