DIVERSIONS
personne ne lui a fait sentir autant que moi le ciiarme attaché à la communication des âmes, mais c'est ce charme même qu'elle redouterait, si sa situation et ses entours ne rendaient d'ailleurs impossible toute espèce de liaison entre nous. »
Une autre fois, à l'issue d'un dîner chez Germain, elle lui donna rendez- vous pour le surlendemain à Versailles. Après s'être promenée avec lui, par une belle matinée de mai, sous les vieux arbres plantés par Louis XIV, dissertant sur l'amour auquel ni l'un ni l'autre ils ne pouvaient s'abandonner, elle lui annonça, non sans cacher sa tristesse, qu'elle allait s'éloigner de Paris jusqu'à l'automne, et pour emporter un souvenir de lui, lui demanda de lui prêter ses mémoires avant son départ.
Quelques jours plus tard, ils se rencontrèrent de nouveau à une soirée musicale chez M™*" de Rumford. La musique, le regret de partir lui causèrent une telle émotion qu'elle ne put retenir ses larmes et M. de Las Cases, qui s'en aperçut, l'emmena à l'écart pour la sermonner.
Elle ne fut d'ailleurs pas la seule à s'abandonner à la mélancolie de la musique, car d'autres yeux aussi se mouillèrent. M""* de X..., délaissée jadis, assistait également à ce concert et ne put, elle non plus, maitriser son attendrissement.
Elle avait cherché dans une liaison tapageuse une consolation à son abandon, et la rupture de M. Mole avec son ancienne rivale lui donnait l'espoir de retrouver un passé qui lui était resté cher; elle lui avait écrit de nombreuses lettres où elle lui reprochait la vie agitée à laquelle il l'avait réduite et le rendait responsable d'un engagement détesté qu'elle s'efforçait de rompre. Le lendemain de cette soirée, elle lui