ET M. DE RTCHELIEU EN
briand ne se permettait pas à lui-même de douter que M. de Rictielieu ne le fît entrer dans son ministère. Tl comptait sur un petit département de fantaisie qu'on lui aurait formé des cultes, des arts, de l'instruction publique et des spectacles. C'eût été, en fait d'affaires, le vrai pendant du Génie du Christianisme, mais tout •ce que put obtenir le crédit et l'amitié de M"»® de Montcalm fut l'instruction publique, sans titre de ministre, sans entrée au conseil, et ce fut elle que M. de Richelieu chargea de lui communiquer cette offre. Chateaubriand recula de trois pas à cette ouverture, puis avec ■ce sourire sardonique : « Je n'aurais pas cru, dit-il, qu'on aurait osé me proposer autre chose qu'un ministère, et surtout qu'on se fût flatté de me le voir accepter. » M"'® de Montcalm voulut lui représenter •que la place, objet de ses dédains, était l'héritage de Fontanes et du cardinal de Beausset, mais il ne voulut pas en entendre davantage. Il sortit brusquement de chez son amie, et oncques depuis elle n'en a entendu parler que dans une circonstance que je ferai connaître en son temps. »
La réunion des pairs était loin d'avoir la cohésion qu'elle présentait en apparence. Ces hommes, qui semblaient si unis, renfermaient au fond de leurs âmes des opinions et des vœux biens différents. Les uns étaient hostiles aux ministres et aux doctrinaires, d'autres les défendaient. Tandis que Chateaubriand attaquait Guizot, Barante et autres doctrinaires, Jaucourt prenait leur défense. Pontécoulant déclamait contre Corvetto, allant même jusqu'à accuser hautement sa probité. Daru se réservait, quoique hostile.
On était fort occupé de la révolte de l'École de Droit. Des troubles avaient éclaté parmi la jeunesse des écoles. Il y eut d'abord quelques désordres dans