RETOUR DU DUC DE RICHELIEU A PARIS
certains collèges royaux, où les élèves, parmi lesquels des proclamations avaient été répandues, se révoltèrent contre leurs maîtres. Ce ne fut qu'une simple incartade d'écoliers, grossie par les journaux royalistes qui en profitèrent pour accuser le ministère et sa politique. Mais ce qui fut plus grave, ce furent les incidents de l'École de Droit. M. Bavoux, « esprit borné et professeur médiocre », justifia en quelque sorte dans ses leçons la procédure suivie contre Louis XVI et le duc d'Enghieu. Il en résulta des manifestations en sens divers. Le cours fut interrompu et M, Bavoux poursuivi. Le jury l'acquitta, ce qui augmenta encore l'agitation.
Le 1*' août, le duc de Richelieu revint à Paris. La crainte de ses sœurs et de ses amis était de le voir « se galvauder et tomber dans les filets de Decazes, qui se prépare h lui faire perdre toute considération en en faisant son instrument et un mannequin »,
Dès son retour, le duc de Richelieu accourut chez tous ses anciens collègues indistinctement. Pasquier se vanta beaucoup de la visite qu'il en reçut. Puis il se rendit à Saint-Gloud, où le Roi le reçut amicalement, mais ne lui parla presque pas d'affaires. A Madrid, où il alla ensuite pour voir Decazes, on parla davantage. <( Decazes bavarda tant que le duc n'eut qu'à l'écouter. M M. Mole alla voir M. de Richelieu chez lui et eut avec lui un entretien de deux heures au cours duquel il se montra amical, excellent. Il ne cacha pas qu'il avait besoin d'une situation élevée qui lui permit de vivre et manifesta assez naïvement une grande reconnaissance pour Louis XVIII, qui venait d'autoriser la