‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 125 sur 232 · DÉMIBSION DE BOYER-COLLARD · texte numérisé non relu

DÉMIBSION DE BOYER-COLLARD

constitution d'un majorât en faveur de son neveu Jumilhac. « Decazes achève par ce nouveau bienfait de déconsidérer le duc. Ses sœurs s'avilissent de plus en plus en lui faisant la cour sans s'embarrasser de la dignité de leur frère. Decazes fait arranger place Vendôme un magnifique hôtel pour le Grand Veneur*, qui toujours le laisse faire. Les sœurs vont jusqu'à faire leur cour à Pasquier, qui ne sort plus de chez elles. »

« La Saint-Louis fut célébrée avec le cérémonial accoutumé. M. Mole se rendit aux Tuileries et n'eut ni un mot ni un regard du Roi. Il y trouva Royer- Collard, qui lui annonça que sa démission de directeur (le l'Université était depuis plus de huit jours entre les mains de Louis XVIII. Royer se répandit ensuite en récriminations contre Guizot, à qui il reprochait de trop incliner vers les indépendants, et contre Decazes, avec qui il venait de se brouiller et qu'il qualifia encore une fois « de jeune affranchi de Galba se préparant à jouer un rôle à la tribune à la prochaine session ». Il n'épargna pas davantage Louis, le considérant (( comme une pierre au col de ce ministère, qu'il appelait une pétaudière et où, à l'exception de de Serre, il ne voyait pas un homme qui se recommandât par le moindre mérite. » La conversation se continua par une allusion aux services que M. Mole pouvait encore rendre à son pays.

Trois jours plus tard, M. de Richelieu partit pour Spa. En route, il s'arrêta à Champlàtreux', où il

1. Le duc de Richelieu avait reçu de Louis XVIII, à sa retraite ilu ministère, la charge de Grand Veneur.

2. Vingt jours plus tard, M. de Richelieu écrivait à M. Mole :

Spa, le 17 décembre 1819.

"Il me semble qu'il y a longtemps que j'aurais dû vous remercier (iu bon accueil que Vous m'avez fait à Champlâtreux. Il vaut mieux

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