G MEMOIRE DE PASQUIEB AU ROI
Gomme on le voit, le ministère était également décrié à l'extérieur comme à l'intérieur. L'émoi était grand dans le clan gouvernemental. Barante, accompagné de Germain, accourut à Ghamplàtreux confier SCS inquiétudes à M. Mole. Il dut reconnaître qu'un grand changement s'était produit dans l'opinion et que le ministère serait forcé de changer de direction ou de se retirer. Il était pour le premier parti, quitte à se résigner aux palinodies, au nombre desquelles il plaçait l'expulsion de Grégoire par la chambre. Mais il voulait que cette expulsion eût lieu sur la proposition des doctrinaires et avec le concours des ministres. Germain parla dans le même sens.
Pasquier, de son côté, se mit en mouvement. Il fil remettre au Roi par l'entremise de Decazes un mémoire sur les élections, où, peignant la situation sous les plus sombres couleurs, il signalait la nécessité de modifier la loi électorale et de changer d'hommes et de système. Il ne voyait qu'un seul remède: se rapprocher de la droite en appelant aux affaires MM. de Villèle et de Gorbières. Louis XVIII fit dire h Pasquier par Decazes qu'il avait été frappé de son mémoire et l'avait fort goûté.
En se faisant le messager de Pasquier, Decazes travaillait contre le ministère dont il faisait partie, comptant sur la faveur dont il jouissait auprès du Roi pour être le futur président du conseil. Ses collègues n'étaient pas au courant du mémoire de Pasquier; ce fut par M. Mole, au cours d'une conversation, que de Serre et Royer-Gollard en apprirent l'existence. L'irritation de ce dernier contre Decazes, qu'il dépeignit se jetant vers la gauche avec Louis et Dessolle et s'embarrassant fort peu de la chute des Bourbons, s'en accrut. « Tout excepté Decazes, avec Decazes point