‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 136 sur 232 · UN ARTICLE DU JOURNAL DES DÉBATS · texte numérisé non relu

UN ARTICLE DU JOURNAL DES DÉBATS

M. Decazes pourront désormais attester le contraire.

« Voilà M. Decazes président du conseil 1 Son élévation rend désormais tout rapproche m (nt impossible entre lui et M. de Richelieu, entre lui et M. de Talleyrand. La chute de M. Decazes peut seule rappeler aux afl'aires l'un de ces deux personnages. L'un des deux y pensera plus que l'autre; heureusement pour M. Decazes, ce ne sera pas le plus redoutable.

« L'opinion générale supposait à M. de Richelieu une tendance vers la politique russe, à M. de Talleyrand une tendance vers la politique anglo-autrichienne. Quelle direction suivra M. Decazes?

« Enfin il est le maître, et pour la première fois sa suprématie est d'accord avec le titre qui lui est conféré. En décembre dernier, le titre lui manquait, mais de fait tout le monde s'attendait à lui voir exercer une autorité souveraine dans un conseil nommé par lui. Les choses ont tourné autrement, et il a pu s'excuser en alléguant qu'une puissance sans titre était toujours contestable et contestée. Maintenant que dira-t-il pour son excuse si de nouvelles résistances viennent contrarier ses plans et ses vues jusque dans le sein du conseil dont il est le président? Une heureuse expérience lui répond de l'humeur pacifique de M. Porlal. M. Pasquier restera probablement fidèle à son admiration pour le génie de son ami. M. Roy aura trop à faire dans son laborieux ministère pour s'occuper de la politique générale. Reste donc M. de Serre ! Ce n'est pas là un personnage indifférent. M. de Serre a du talent de tribune, et il le sait. Il a servi dans l'armée de Condé, et il ne l'oublie pas toujours. Enfin, puisqu'il faut le dire, M. de Serre est noble et il s^en souvient quelquefois. Avec tout cela il ne lui convient pas toujours d'être un instrument purement

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