REUNION DU CONSEIL PRIVE
conversation. Ce qui semble l'avoir étonné au cours de cet entretien, ce fut d'apprendre que M. de Richelieu venait seulement de lire ses Essais de Morale et de Politique.
Le soir eut lieu une nouvelle réunion présidée par le Roi. Laine y parla avec chaleur contre le projet et l'on s'ajourna une fois de plus. Le duc de Richelieu accepta, sur les instances de Louis XVIII, de partii pour Londres porter au prince régent les condoléances du Roi à l'occasion de la mort de son père.
La composition du conseil privé ne mécontenta pas seulement quelques-uns de ceux qui y étaient appelés, mais aussi ceux qui avaient été laissés à l'écart. Barante, qui aurait bien voulu en être, se montra blessé de ce qu'il nommait la trahison de Decazes et de Mouiller. Il en voulait surtout à ce dernier d'avoir été choisi à sa place.
Malgré tous ces incidents, la loi des élections finit par être mise sur pied. Le conseil se mit d'accord le 11 février '. Les principales dispositions étaient le renouvellement intégral de la chambre et l'élimination des candidats par les collèges d'arrondissement.
Le soir même, M. Mole se rencontra avec M. de Richelieu à un bal chez M™^ de Mun. La conversation se porta naturellement sur la nouvelle loi. M. Mole déclara nettement au duc qu'il désapprouvait le mode d'élimination adopté, « comme absurde et démagogique ». (c Rien ne m'a jamais paru meilleur », lui répondit sèchement celui-ci. M. MoIé ne voulut pas rester sur ces derniers mots, et, rentré chez lui, no lésista pas au besoin d'adresser à M. de Richelieu une note, où il lui expliquait les motifs de son opposition.