PROPOSITION CLAUSEL DE COUSSERGUE
de M. Lally-Tollendal, flétrissait, u les doctrines perverses dont on veut empoisonner l'Europe et qui eu sont venues à ce point de consacrer l'impiété, la trahison, l'assassinat et le parricide ». Les pairs offraient ensuite de s'associer à toute mesure de défense ou de répression qui serait proposée. Cette seconde partie ne fut pas votée sur l'intervention de M. Mole et de M. de Richelieu qui firent observer que la chambre, ayant été constituée en cour judiciaire, ne pouvait s'exprimer qu'en termes généraux sur ce douloureux événement.
A la chambre des députés, une adresse fut également proposée. Une morne consternation régnait dans l'assemblée. Trois ministres étaient seuls présents à la séance, MM. Pasquier, Roy et Portai. A peine la lecture du procès-verbal était-elle achevée que M. Glausel de Coussergues proposa de mettre Decazes en accusation, comme complice de l'assassinat du duc de Berry. Cette proposition fut mal accueillie, même par une grande partie de la droite. M. de Villèle prit à part M. Clausel et lui dit : « Votre proposition est mal rédigée. Accuser M. Decazes de complicité avec Louvel est absurde. 11 faut l'accuser vaguement d'attentat de haute trahison. »
Malgré cet incident, la chambre des députés fut unanime dans la pensée de voter une adresse au trône, mais se divisa sur la forme à lui donner. Les royalistes, représentés par M. de la Bourdonnaye, voulaient reproduire la proposition Clausel, les ministériels voulaient marquer leur adhésion à toutes les mesures que les circonstances pourraient commander; enfin les indépendants, tout en s'associant à la douleur royale, demandaient des garanties de liberté et repoussaient toute espèce de lois d'exception. La commi