‹ Le comte Molé, 1781-1855 (volume 2)Chapitre 147 sur 232 · MANOEUVRÉ DES DOCTRINAIRES · texte numérisé non relu

MANOEUVRÉ DES DOCTRINAIRES

sion , lormée de membres des divers partis en nombre à peu près égal, évita d'aggraver ces premiers froissements en rédigeant un projet tout à fait en dehors de la politique, qui fut adopté.

Diverses versions circulaient sur la position de Decazes. Les uns disaient que, cédant aux instances de la famille royale, il avait donné sa démission, les autres, qu'il la refusait. Ses amis soutenaient qu'il ne pouvait s'en aller devant les calomnies des journaux royalistes et l'accusation de M. Clausel. En réalité, la situation était la suivante :

De toutes parts arrivaient des adresses réclamant des mesures contre l'esprit révolutionnaire et des précautions pour l'avenir de la monarchie. La cour royale de Paris, par l'organe du premier président Séguier, remit à Louis XVIII une adresse où elle assurait le Roi de son appui et de son dévouement dans l'application des mesures qu'il jugerait opportunes. L'armée, les gardes nationales, les conseils municipaux, tous demandaient à la royauté de veiller sur elle-même et sur le pays. Les circonstances exigeaient des mesures exceptionnelles, le gouvernement devait agir, mais M. Decazes était-il assez fort pour avoir une majorité? Les royalistes lui refusaient la dictature; M. de Villèle se déclarait prêt à l'accorder à tout autre qu'au favori. La même opinion prévalait au centre droit. Pourtant M. Laine, bien que regardant que tout était perdu pour Decazes et avec lui, se faisait un scrupule de refuser, même à Decazes, les lois d'exception qu'il jugeait indispensables.

De leur côté, Barante et Germain, suivis par les doctrinaires, étaient opposés aux mesures exceptionnelles, mais faisaient tous leurs efforts pour retenir le favori. Celui-ci, voulant toujours s'assurer l'appui du

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